La Norvège figure parmi les pays qui ont le plus adopté la voiture électrique (VE). Sa part de marché des VE a atteint 97 % en juin 2026, ce qui en fait un « laboratoire intéressant » pour observer la transition vers l’électrique et les ajustements politiques qui l’accompagnent. Ces chiffres masquent toutefois de fortes disparités géographiques.
L’électrique en tête, mais pas partout
Dans les grandes villes et sur le littoral, les VE se sont imposés, portés par des mesures fiscales avantageuses et des péages urbains favorables. Là où ces dispositifs s’appliquent, les véhicules thermiques reculent nettement.
Dans les zones rurales, en particulier à l’intérieur des terres et dans le nord, le diesel et l’essence restent majoritaires, confirme L’Automobile Magazine. La part des VE y tombe à 6 ou 7 %. La maire d’un petit district norvégien attribue en partie ce maintien des thermiques aux « longues distances » entre les localités. Ces habitants sont aussi moins concernés par les péages urbains, et bénéficient donc moins des incitations à l’achat d’un VE.
Les politiques et les acteurs qui font bouger les lignes
Le gouvernement a commencé à retirer les avantages fiscaux accordés aux véhicules électriques, en particulier sur les autoroutes, où les tarifs de péage très réduits vont disparaître progressivement. Le NAF, équivalent norvégien de l’ADAC allemand, prévient que ces changements pourraient en moyenne doubler la facture des conducteurs de VE.
Christina Bu, secrétaire générale du syndicat norvégien du véhicule électrique, estime que « dans quelques années, il y aura davantage de voitures électriques ici ». Pour elle, les politiques et les mentalités continuent d’évoluer en faveur de l’électrique.
Comment ça se compare à l’Europe et surtout à la France
La comparaison avec la France donne la mesure de cette avance : les VE n’y représentent que 3 à 4 % du parc automobile. L’écart de taille des marchés explique une partie de la différence, avec 40 millions de véhicules légers en France contre 3 millions en Norvège, et des ventes annuelles de voitures neuves de 1,7 million contre 175 000. Malgré un marché « riquiqui », la Norvège progresse donc plus vite, grâce à ses politiques publiques.


