« On n’était pas prêts » : en Espagne, les vendeurs de jerricans sont débordés par les Français qui fuient le prix de l’essence

Les automobilistes français se battent pour des jerricans, profitant de l’essence à prix cassé en Espagne.

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« On n'était pas prêts » : en Espagne, les vendeurs de jerricans sont débordés par les Français qui fuient le prix de l'essence
« On n’était pas prêts » : en Espagne, les vendeurs de jerricans sont débordés par les Français qui fuient le prix de l’essence © L'Automobiliste

Une ruée sur les jerricans touche les automobilistes français qui habitent près de la frontière espagnole. Avec la hausse des prix du carburant en France, beaucoup achètent des bidons pour profiter des tarifs plus bas en Espagne. Le phénomène pose des questions économiques et logistiques, surtout dans la région de Bayonne.

Les prix qui poussent à traverser la frontière

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix des carburants ont nettement augmenté en France, et les consommateurs cherchent des solutions moins chères. L’essence et le gasoil coûtent environ 0,50 € de moins le litre de l’autre côté de la frontière, ce qui pousse beaucoup de Français à franchir les Pyrénées pour faire le plein, devenu un réflexe des automobilistes.

Dans les magasins locaux, la demande de jerricans a fortement grimpé. Au Leroy Merlin de Bayonne, les rayons se vident vite. Christophe de Guzman, chef de secteur jardin, le résume ainsi : « On n’était pas prêts à vendre autant de pièces. » Le magasin écoulait 10 à 15 jerricans par semaine ; il en vend aujourd’hui 50 à 60, près de quatre fois plus.

Le reportage du JT de TF1 montre plusieurs profils d’acheteurs. Un retraité explique que ses jerricans lui servent seulement à faire le plein en Espagne. Un père de famille, déjà équipé de deux bidons de 20 litres, en cherche un troisième pour économiser sur le carburant espagnol.

Certaines pratiques sont plus risquées. Un automobiliste a réutilisé des bidons de gel hydroalcoolique pour y mettre du carburant : « Et ça fait plus de 35 ans que je viens. » D’autres se servent de bouteilles d’eau, ce qui est dangereux, car ces matériaux ne conviennent pas au stockage de carburant.

Sécurité : ce qu’on risque et les réactions sur place

Txomin Isa, qui gère une station-service espagnole, insiste sur l’usage de récipients homologués : des contenants non conformes augmentent le risque d’accident. Les bidons doivent être munis de joints en caoutchouc spéciaux pour limiter les vapeurs d’essence, surtout s’ils restent longtemps dans un coffre exposé au soleil.

Le non-respect de ces règles peut coûter une amende de 150 €. Mieux vaut s’en tenir à des récipients standards, pour éviter les accidents domestiques et protéger ceux qui transportent du carburant.

Le phénomène dure et pose des questions

L’attrait pour le carburant espagnol n’est pas nouveau, mais son ampleur de ces dernières semaines est jugée « surréaliste » par des observateurs locaux. Leroy Merlin cherche désormais de nouveaux fournisseurs pour suivre la demande.

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