Guerre en Ukraine : en Crimée, la population restreinte à 20 litres d’essence par jour

La Guerre en Ukraine provoque des rationnements sévères en Crimée. Les habitants ne peuvent plus acheter que 20 litres d’essence par véhicule, tandis que des pénuries de sucre et des restrictions sur le sarrasin perturbent l’approvisionnement quotidien.

Publié le
Lecture : 2 min
guerre-ukraine-crimee-essence-20
Guerre en Ukraine : en Crimée, la population restreinte à 20 litres d’essence par jour © L'Automobiliste

Rationnement énergétique drastique en Crimée : 20 litres d’essence par véhicule

La péninsule de Crimée subit de plein fouet les conséquences des frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes. Les automobilistes ne peuvent désormais acheter que 20 litres d’essence par véhicule, une restriction sans précédent qui bouleverse le quotidien de la population locale. Parallèlement, certains produits alimentaires essentiels comme le sucre connaissent des pénuries temporaires.

Un journaliste de Reuters présent sur le terrain a documenté l’ampleur de ces bouleversements. Au-delà des limitations de carburant, le sarrasin, aliment de base de la cuisine russe, fait l’objet d’un rationnement à 5 kilogrammes par achat dans plusieurs magasins de la région. Les autorités locales tentent de masquer la gravité de la situation, mais la réalité des restrictions témoigne d’une crise d’approvisionnement majeure.

Frappes ciblées sur les voies d’approvisionnement stratégiques

L’Ukraine mène une campagne méthodique contre les deux principales artères vitales de la péninsule. Les drones ukrainiens frappent régulièrement les régions du sud-est contrôlées par Moscou, ainsi que le détroit de Kertch, véritable cordon ombilical entre la Crimée et la Russie continentale.

Mikhaïl Razvojaïev, gouverneur de Sébastopol nommé par les autorités russes, confirme sur Telegram que « la limitation à 20 litres est toujours en vigueur ». Il recommande aux automobilistes de « vérifier les disponibilités en carburant avant de se rendre à la station-service », aveu indirect des difficultés persistantes. Le système de distribution s’appuie désormais sur des QR codes liés aux plaques d’immatriculation, permettant un contrôle strict des quantités distribuées.

Files d’attente interminables et paralysie des transports

Les répercussions concrètes transforment radicalement le quotidien des habitants. Selon France Info, les automobilistes patientent désormais entre 8 et 10 heures devant les stations-service pour leurs 20 litres réglementaires. La paralysie du transport public laisse de nombreux touristes dans l’impossibilité de quitter les stations balnéaires.

La stratégie ukrainienne porte ses fruits au-delà des simples désagréments civils. Volodymyr Zelensky revendique la mise hors service de 40% des capacités de raffinage russes depuis l’intensification des frappes contre les installations pétrolières.

Réduction du trafic ferroviaire et routier

Les autorités locales ont également réduit la circulation ferroviaire nocturne après qu’une attaque ait tué un mécanicien et blessé un conducteur en début de semaine. Les passagers du train Moscou-Simferopol sont sortis indemnes de l’incident, selon Sergueï Aksionov, gouverneur de la péninsule.

L’autoroute reliant la Crimée au reste de l’Ukraine occupée subit des frappes régulières depuis un mois. Une centaine de poids lourds, camions-citernes et bus ont été détruits, interdisant la circulation sur certains tronçons. Même le pont de Kertch affiche un trafic considérablement ralenti.

Extension de la crise énergétique au territoire russe

Les difficultés d’approvisionnement s’étendent bien au-delà de la péninsule annexée. Au moins 15 régions russes, dont celle de Moscou, appliquent désormais des plafonds de vente pour l’essence et le diesel. Les modalités varient selon les réseaux : stations Lukoïl limitées à 100 litres par personne, Gazprom entre 100 et 150 litres, région de Louhansk occupée restreinte à 20 litres par personne.

Dans l’oblast de Belgorod, frontalier de l’Ukraine, plusieurs stations Rosneft ont interdit le remplissage des jerricanes. Les répercussions sur les prix du carburant commencent à se faire sentir dans l’ensemble de la Fédération de Russie.

Laisser un commentaire