Les États membres de l’Union européenne restent divisés sur la fin des voitures thermiques en 2035. Le désaccord oppose surtout la France et l’Allemagne, et il s’est invité de nouveau à Luxembourg lors d’une récente réunion, un jeudi, relaye le 20 Minutes. Le secteur automobile comme les responsables politiques suivent ces discussions de près.
On veut tous la même chose, mais pas de la même façon
L’objectif de l’Union européenne est clair : arrêter la vente de voitures essence et diesel d’ici 2035, soit une baisse de 100 % des émissions de CO2 par rapport à 2021. La Commission européenne, avec Wopke Hoekstra au poste de commissaire au Climat, défend cette échéance malgré les critiques d’Ola Källenius sur la date de 2035. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la remettent en cause.
La France, par la voix de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, reste attachée à l’électrification totale, contrairement à une position plus flexible adoptée récemment. Paris estime que « les carburants alternatifs ne sont pas équivalents à l’électrique » et que leur coût pourrait être prohibitif. La France refuse « toute mesure qui conduirait à casser le signal d’investissements dans l’électrique » et critique les hybrides rechargeables, qu’elle juge souvent plus émissifs que prévu.
Ce que propose l’Allemagne et pourquoi ça crée des frictions
L’Allemagne, par la voix de la diplomate Helen Winter, réclame plus de souplesse et défend une transition technologiquement neutre. Berlin veut viser une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % plutôt que 100 %, et compenser les 10 % restants par d’autres technologies, comme les carburants renouvelables. Le pays demande aussi que les hybrides rechargeables restent autorisés après 2035, ce qui laisserait selon lui plus de marge de manœuvre à l’industrie automobile.
D’autres États et la Commission européenne accueillent mal cette position, malgré un assouplissement possible des mesures. L’Italie défend les biocarburants, tandis que la France, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède forment une coalition. Ces sept capitales tiennent à la date de 2035 et pèsent assez, sur le plan politique, pour bloquer des décisions qui iraient contre leurs objectifs.
Flou, calendrier et planifications industrielles délicates
Les discussions sur l’interdiction des voitures thermiques ne sont pas closes, et les négociations vont se poursuivre dans les prochains mois. Une clause de révision est prévue entre 2026 et 2027, ce qui laisse constructeurs et consommateurs dans l’incertitude. Chaque mois de retard complique la planification industrielle, qui réclame des années et de lourds investissements pour mettre au point des moteurs conformes aux futures normes.
Monique Barbut le dit clairement : la France est prête à retarder, voire à bloquer, toute proposition qui fragiliserait l’objectif fixé, et ne compte pas céder aux demandes de souplesse.

