L’adoption récente d’une proposition de loi par le Sénat sur l’utilisation des lecteurs automatisés de plaques d’immatriculation (Lapi) promet d’améliorer l’efficacité des enquêtes judiciaires en France. Pour Pierre-Jean Rochette, sénateur de la Loire, ces outils pourraient devenir « une arme supplémentaire » pour les forces de l’ordre. La France accuse un retard par rapport à ses voisins européens dans ce domaine ; cette loi pourrait marquer un tournant décisif.
Pourquoi les Lapi peuvent aider les enquêtes
Aujourd’hui, les forces de l’ordre françaises disposent de 650 Lapi répartis sur tout le territoire. Ces dispositifs collectent des informations comme le numéro de plaque d’immatriculation, des photos horodatées et la géolocalisation. Mais le délai de conservation des données, fixé entre 15 jours et un mois, est jugé « inexploitable » par Pierre-Jean Rochette. D’après le journal Sud Ouest, il propose de prolonger cette durée jusqu’à douze mois, sur autorisation d’un juge, pour faciliter la résolution d’infractions graves : homicides, enlèvements, terrorisme et vols, y compris les voitures volées.
La proposition de loi a reçu l’appui de 67,8 % des votants au Sénat et attend maintenant d’être soumise à l’Assemblée nationale. L’idée est d’employer les Lapi de manière plus systématique, à l’instar de la géolocalisation des téléphones portables, des empreintes digitales et de l’ADN dans les enquêtes, ce qui pourrait transformer la surveillance urbaine en France. « C’est une arme supplémentaire, redoutable, et un outil qui permettra aussi un gain de temps et d’argent considérable pour les forces de l’ordre », souligne Rochette.
Ce que font nos voisins — et pourquoi la France est à la traîne
À l’international, les Lapi ont prouvé leur utilité, surtout au Royaume‑Uni et en Belgique, où ces systèmes existent depuis plus de dix ans. Le Royaume‑Uni, bien que « deux fois et demi plus petit que la France », compte près de 13 000 Lapi installés, tandis que la Belgique, « dix‑huit fois plus petite », en possède au moins 5 000. Dans ces pays, les Lapi interviennent dans l’élucidation de 80 % des enquêtes. En France, l’adoption plus large de cette technologie viserait à combler cet « incompréhensible retard ».
Les infrastructures existent déjà dans le privé : les sociétés d’autoroute, les gestionnaires de parkings et les stations-service utilisent des Lapi, et ces milliers de dispositifs pourraient être mis à profit par les forces de l’ordre, tout comme les voitures radars. À terme, tous les radars automatiques du pays, au nombre de près de 4 750, seront dotés de cette technologie.






