Els Delamper, 36 ans, habite Hasselt. Depuis plusieurs mois, cette Belge se bat contre une administration qui la tient pour responsable d’infractions qu’elle n’a jamais commises. Un inconnu originaire de la région bruxelloise a copié sa plaque d’immatriculation de taxi, une plaque commençant par T pourtant radiée depuis longtemps, et a roulé avec pendant des mois dans Bruxelles. Résultat : une addition qui dépasse 8 000 euros.
Tout part d’un projet resté lettre morte. En janvier 2025, Els Delamper envisage de devenir chauffeuse Uber avec sa voiture personnelle et entame des démarches pour obtenir une plaque professionnelle, via le numéro de TVA de son mari, qui travaille dans la construction.
« Mais l’écoscore de ma voiture n’était pas suffisant et le projet est vite tombé à l’eau », raconte-t-elle au média belge 7sur7. Deux jours plus tard, elle fait radier la plaque auprès de la Direction pour l’immatriculation des véhicules (DIV), moyennant 180 euros. Elle pensait alors qu’il s’agissait d’une dépense regrettable, mais que l’affaire était close.
Elle se trompait. En septembre 2025, soit huit mois après la radiation, les premières amendes arrivent dans sa boîte aux lettres. Entre septembre 2025 et janvier 2026, elle et son mari en reçoivent 25, auxquelles s’ajoutent rappels et convocations devant le tribunal de police de Bruxelles.
Elle énumère les montants au média belge : « Des excès de vitesse de 250 euros, 300 euros, 375 euros et même une amende de plus de 500 euros. » Les infractions sont relevées à Molenbeek, à Saint-Gilles, ailleurs à Bruxelles, et même en France, en pleine nuit.
Les preuves de l’erreur pourtant ne manquent pas. Sa voiture est une Alfa Romeo rouge, celle de l’usurpateur une Volkswagen Tiguan noire. Le couple a demandé l’accès aux images : la différence saute aux yeux. Certaines contraventions mentionnent même que la plaque a été radiée depuis longtemps.
« Cela nous rend malades. Toutes les preuves sont là », confie Els Delamper à 7sur7. Elle multiplie les visites au commissariat de Hasselt, conteste les amendes, porte plainte, contacte la DIV. En vain jusqu’ici : le couple doit malgré tout comparaître devant le juge de police en novembre.
La DIV parle d’un « cas classique de vol de plaque »
L’homme soupçonné d’avoir copié la plaque a finalement été arrêté en janvier 2026, et son véhicule saisi. Depuis, les amendes ont cessé d’arriver. Mais les procédures déjà lancées continuent de peser sur le couple, qui n’ose plus ouvrir sa boîte aux lettres ni rouler de peur de voir sa voiture saisie à son tour.
Interrogé par 7sur7, le porte-parole de la DIV, Thomas De Spiegelaere, qualifie l’affaire de cas classique de vol de plaque d’immatriculation, parfois utilisé pour commettre des infractions criminelles graves. Il recommande, en cas de vol, de faire radier immédiatement la plaque, de conserver toutes les preuves et de contester systématiquement chaque amende.
Selon lui, le dossier peut parfois être classé sans suite ; s’il atteint le tribunal de police, les pièces justificatives pourront y être présentées. Il dit ne pas pouvoir se prononcer sur le fond, mais juge qu’une condamnation serait surprenante, tout en reconnaissant qu’il ne restera à Els Delamper, dans le meilleur des cas, qu’un stress immense et de la paperasse.
Un stress qui aurait déjà fait des dégâts concrets. Els Delamper attribue à cette situation l’épuisement de son mari, victime d’une hémorragie cérébrale. « Il est tout simplement inadmissible qu’on n’intervienne pas plus tôt dès les premiers signalements », estime-t-elle.
L’homme a fini par être arrêté, sa voiture saisie, et c’est seulement là que les amendes ont cessé. « Mais le mal était déjà fait depuis longtemps », conclut-elle auprès du média belge.




