Si vous envisagez d’acheter une voiture neuve en 2027, sachez que l’autoradio sera désormais obligatoire. Le 13 octobre, le Sénat a décidé que tous les véhicules neufs vendus en France devront être équipés d’un récepteur radio FM ou DAB+.
Quand l’autoradio devient-il obligatoire ?
Le calendrier de mise en application n’est pas encore fixé, car le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale en deuxième lecture. Proposée par le sénateur centriste Laurent Lafon (UDI, Val-de-Marne), la loi impose aux constructeurs de doter leurs véhicules neufs d’un récepteur hertzien FM ou DAB+. Une fois la loi promulguée, les constructeurs devront adapter leurs chaînes de production dans un délai déterminé.
La transition vers la technologie DAB+ se fera progressivement. Deux ans après la promulgation, tous les récepteurs radio devront être compatibles DAB+, et cette exigence s’étendra à tous les appareils vendus un an plus tard. Ainsi, en 2027 ou 2028, les voitures neuves pourraient encore être équipées de récepteurs FM, mais le DAB+ deviendra la norme à partir de 2029 ou 2030. Laurent Lafon souligne que cette transition est nécessaire car « des postes d’entrée de gamme incompatibles continuent d’être vendus, retardant le renouvellement du parc. »
Quels véhicules sont concernés ?
La proposition initiale concernait uniquement les véhicules de transport de personnes. Toutefois, le Sénat a étendu la mesure aux utilitaires et poids lourds. Ainsi, que vous achetiez une citadine, un SUV, un utilitaire ou un camion, un autoradio sera désormais inclus de série. Aucun modèle, même d’entrée de gamme, ne sera exempté de cette obligation.
Pourquoi cette obligation maintenant ?
La radio connaît des difficultés, avec une baisse d’audience de 18 % entre 2015 et 2025, surtout chez les jeunes qui préfèrent le streaming musical et les podcasts. Pourtant, 38 millions de Français continuent d’écouter quotidiennement la radio, selon Médiamétrie. En 2025, le secteur a généré 710 millions d’euros de recettes publicitaires, soit une baisse de 2,5 % par rapport à 2024. Face à ce déclin, les radios publiques, privées et associatives ont réclamé cette obligation légale fin septembre 2026, préoccupées par l’absence de récepteur hertzien dans certains véhicules américains et chinois.
Au-delà des raisons économiques, la ministre de la Culture Catherine Pégard a soutenu l’initiative pour des raisons de sécurité publique. En cas de catastrophes naturelles, la radio hertzienne, indépendante d’Internet, peut diffuser des consignes de sécurité. « Renforcer un média de référence pour tous les Français », a-t-elle déclaré, rappelant l’importance de la radio en situations de crise.
Selon Médiamétrie, 35 % du temps d’écoute radio se passe en voiture. Perdre cet accès signifierait une baisse d’audience d’un tiers pour les radios. Les trajets quotidiens sont autant d’occasions d’écouter la radio, mais certains constructeurs remplacent les récepteurs hertziens par des systèmes connectés, menaçant ainsi le modèle économique des stations traditionnelles.
Comment les constructeurs automobiles s’adaptent
Cette législation oblige les constructeurs à revoir leurs équipements multimédias. Certaines marques proposaient déjà l’autoradio en série, mais d’autres l’avaient supprimé, surtout dans les modèles d’entrée de gamme, pour réduire les coûts. Désormais, tous devront intégrer au moins un récepteur FM, puis DAB+ par la suite. Le coût supplémentaire de production, estimé à quelques dizaines d’euros par véhicule, pourrait influencer le prix final, notamment pour les petites citadines où chaque euro compte.
Le DAB+ (Digital Audio Broadcasting) est l’équivalent de la TNT pour la radio. En mars 2026, 80 % des automobilistes français avaient accès au DAB+. L’Arcom vise une transition complète au numérique d’ici 2033. Le DAB+ offre une meilleure qualité sonore que la FM, plus de stations et des informations à l’écran. Une directive européenne de 2018 impose déjà cette compatibilité, mais la France va plus loin en rendant l’équipement obligatoire.
Les marques chinoises et américaines, comme Tesla, devront adapter leurs systèmes multimédias pour le marché français, où l’absence de récepteur hertzien pourrait interdire la vente de certains modèles. Cela représente un défi logistique pour ces marques qui standardisent souvent leurs plateformes à l’échelle mondiale.
Impact sur le prix et les options de votre futur véhicule
Quel impact sur votre budget ? Le coût d’un récepteur FM oscille entre 20 et 50 euros, tandis qu’un module DAB+ s’élève à 80-150 euros. Bien que les constructeurs répercutent probablement une partie de ce coût, il restera marginal face au prix total d’un véhicule neuf. Par contre, l’obligation empêchera les stratégies de modèles « dépouillés » sans autoradio à prix compétitif.
Le texte prévoit aussi d’assouplir certaines mentions légales obligatoires dans les publicités radiophoniques, à condition que les stations diffusent des campagnes d’intérêt général équivalentes, allégeant ainsi les contraintes réglementaires tout en préservant l’information du public.
Reste à suivre l’examen du texte à l’Assemblée nationale. Si le vote sénatorial est confirmé, l’autoradio redeviendra un élément incontournable de votre tableau de bord, assurant l’écoute de France Inter ou RTL sans 4G. Les systèmes connectés comme Android Auto ne remplaceront donc pas totalement les récepteurs traditionnels avant plusieurs années.


