Voitures électriques, la France dépasse désormais les 200 000 bornes de recharge sur la voie publique

200 000 bornes, mais déjà saturées : disponibilité en chute, sessions en hausse. La France tiendra-t-elle son objectif de 400 000 points d’ici 2030 ? Les chiffres racontent une tout autre histoire.

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Voitures électriques, la France dépasse désormais les 200 000 bornes de recharge sur la voie publique
Voitures électriques, la France dépasse désormais les 200 000 bornes de recharge sur la voie publique © L'Automobiliste

La France comptait très exactement 200 045 points de recharge électrique ouverts au public au 31 juillet 2026, selon le dernier baromètre de l’Avere, l’association qui suit le développement de la mobilité électrique dans le pays. Ces bornes se répartissent sur 55 587 stations, franchissant ainsi le seuil symbolique des 200 000 unités.

Cette progression représente une hausse de 15 % sur douze mois. Mais le rythme d’installation montre des signes d’essoufflement.

Un rythme d’installation qui ralentit

Au premier semestre 2025, 19 880 nouveaux points de recharge avaient vu le jour. Sur la même période de 2026, seulement 14 544 bornes ont été ajoutées, un chiffre en net retrait. Le mois de juin 2026 a d’ailleurs été qualifié de décevant pour le déploiement du réseau, avant que juillet ne permette de franchir le cap des 200 000 points.

Cette baisse de régime pose question à l’approche de l’objectif fixé par le gouvernement : atteindre 400 000 points de recharge publics d’ici la fin 2030. Au rythme actuel, ce but ne pourra pas être atteint. Selon les calculs d’Automobile Propre, il faudrait déployer plus de 22 000 points supplémentaires en moyenne par semestre pour y parvenir, soit un rythme largement supérieur à celui observé ces derniers mois.

L’Île-de-France reste la région la mieux équipée avec 33 830 points de recharge, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (24 511 points) et la Nouvelle-Aquitaine (21 524 points). En moyenne, la France compte désormais 297 points de recharge pour 100 000 habitants. Les commerces concentrent 47 % des installations, contre 44 % un an plus tôt, une évolution qui traduit à la fois des obligations réglementaires et un intérêt commercial bien compris pour attirer la clientèle. Les parkings arrivent en deuxième position avec 30 % des points, suivis de la voirie.

Le réseau sous pression d’un usage croissant

Si le maillage territorial progresse, c’est désormais l’intensité d’usage du réseau qui pose question. La consommation totale estimée a culminé à 163 GWh en juillet 2026, un record, contre 115 GWh en août 2025. Chaque point de recharge a délivré en moyenne 813 kWh et assuré 38,6 sessions en juillet 2026, contre un peu moins de 30 sessions un an plus tôt.

Cette hausse de fréquentation s’accompagne d’une dégradation de la disponibilité. En juillet 2026, un conducteur avait 94 % de chances de trouver une prise libre immédiatement, contre 96 % en août 2025. Le taux de disponibilité moyen des bornes s’établit à 89 %, et chute à 84,2 % pour les bornes rapides de moins de 150 kW.

La part des bornes disponibles 99 % du temps est tombée de 70 % en juillet 2025 à 64 % en juillet 2026.

Les voitures électriques atteignent désormais 35,4 % de parts de marché en France.

Pour Clément Molizon, délégué général de l’Avere-France, ce réseau « constitue désormais un véritable patrimoine national ». Il ajoute qu’à l’image du réseau ferré ou autoroutier en son temps, il est appelé à accompagner pendant plusieurs décennies les déplacements des Français.

La Bourgogne-Franche-Comté se distingue par sa forte proportion de recharge rapide, avec près de 35 % de points en courant continu, contre moins de 20 % en Île-de-France. Un écart qui s’explique par sa position de carrefour entre Paris, Lyon et le Benelux, où opérateurs et stations autoroutières se sont multipliés le long des grands axes.

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