Le pétrole brut revient, mais pas l’essence : pénurie en vue

Le flux de pétrole brut traversant le détroit d’Ormuz a retrouvé 80 % de son niveau d’avant-guerre, atteignant 14,2 millions de barils par jour.

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Le pétrole brut revient, mais pas l’essence : pénurie en vue © L'Automobiliste

Selon Kpler, le transit de pétrole brut par le détroit d’Ormuz a atteint 13,5 millions de barils par jour au 29 septembre, retrouvant ainsi son niveau d’avant-guerre. Cela souligne la résilience des circuits énergétiques mondiaux face aux tensions entre l’Iran et les États-Unis. Cependant, les produits raffinés, essentiels au transport et à l’industrie, demeurent rares.

Le débit global du détroit, brut et raffinés confondus, atteint 14,2 millions de barils par jour, soit environ 80 % des 17 millions de barils quotidiens pré-guerre. Les exportations de brut de la région du Golfe Persique et de la mer Rouge ont dépassé 19,5 millions de barils par jour, alors que les produits raffinés n’atteignent que 677 000 barils par jour, loin des 3,6 millions d’avant conflit.

Brut abondant, pénurie de carburants

Matt Smith de Kpler note que l’influence de l’Iran diminue alors que des volumes importants traversent Ormuz. Malgré les affirmations de contrôle iranien, les exportations saoudiennes ont rebondi de 2,446 à environ 5,4 millions de barils par jour en septembre. Natasha Kaneva de JPMorgan souligne que si le marché du brut se normalise, l’offre de produits raffinés reste limitée. Les analystes de Goldman Sachs notent que les exportations de ces produits depuis le Golfe Persique n’ont récupéré qu’environ 50 % de leur niveau moyen de 2025, en raison des dégâts aux infrastructures de raffinage.

Système de sécurité coûteux et incertain

Le retour du trafic pétrolier ne garantit pas la sécurité. L’Iran continue d’attaquer les pétroliers. Pour réduire les risques, plus de 70 % du brut d’Ormuz change de navire au large des Émirats arabes unis ou d’Oman, bénéficiant de la protection américaine. Helima Croft de RBC Capital Markets souligne le coût élevé de ce système et son incertitude, les États du Golfe préférant un détroit pleinement ouvert.

Les oléoducs, contournements vulnérables

Environ 40 % du brut du Golfe évite désormais Ormuz via des pipelines saoudiens et émiratis, contre 17 % avant la guerre. Cependant, ces infrastructures restent vulnérables, comme l’a montré la fermeture temporaire du pipeline est-ouest saoudien après une attaque de drone. Les chargements ont repris à Yanbu, mais à un rythme réduit.

Crise mondiale du diesel et de l’essence

Le déséquilibre entre brut et raffinés se répercute sur les prix à la pompe. Aux États-Unis, le diesel a atteint des sommets, et le président Trump envisage d’interdire les exportations de diesel, ce qui pourrait baisser les prix locaux à court terme. Cependant, les prix mondiaux resteraient sous pression, d’autant plus que la guerre en Ukraine réduit les capacités russes. La Russie, avant 2022, fournissait environ 10 % des exportations mondiales de diesel.

Tensions et attaques persistantes

Le 29 septembre, trois pétroliers ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz, illustrant les tensions permanentes. Un porte-parole iranien a confirmé un « conflit militaire » en cours, indiquant des attaques répétées sur de petits navires. L’Iran propose de rouvrir Ormuz si les États-Unis lèvent le blocus, mais Trump a rejeté cette offre, prévoyant une reprise des bombardements après les élections de mi-mandat.

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