Carburant à 2,41€ : le gouvernement dévoile ses aides ciblées

Face à la flambée historique des prix du carburant, le gouvernement a présenté mardi 22 septembre de nouvelles aides ciblées pour les Français les plus dépendants de leur véhicule. Avec un gazole à 2,41 euros le litre et des tensions d’approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient, l’exécutif navigue entre contraintes budgétaires et pression sociale, tandis que le débat sur la fiscalité pétrolière s’invite dans la campagne présidentielle.

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Carburant à 2,41€ : le gouvernement dévoile ses aides ciblées © L'Automobiliste

Nouvelles mesures pour faire face à la hausse des prix du carburant

La flambée des prix du carburant met le gouvernement sous pression. Avec le gazole atteignant 2,41 euros le litre en moyenne et le SP95-E10 dépassant 2,17 euros, l’exécutif a annoncé, le 22 septembre à 17 heures, un ensemble de mesures pour aider les Français les plus touchés. Six ministres se sont relayés à Bercy pour expliquer ces dispositifs dans un contexte budgétaire tendu, alors que le pouvoir d’achat devient un enjeu majeur de la campagne présidentielle.

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient affectent lourdement l’approvisionnement mondial. Maud Bregeon, ministre de l’Énergie, a indiqué qu’il manque actuellement « 10 millions de barils par jour » sur un marché consommant plus de 105 millions quotidiennement. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a toutefois tenté de rassurer en affirmant que la France dispose de trois mois de stocks stratégiques intacts pour les deux mois à venir.

Vers un nouveau dispositif pour les grands rouleurs

L’aide de 100 euros pour les « gros rouleurs », qui expire le 1er octobre, n’a profité qu’à la moitié des trois millions de bénéficiaires potentiels. Le gouvernement élabore un nouveau mécanisme qui conservera l’idée d’aides ciblées. Roland Lescure propose une aide « supplémentaire » versée automatiquement aux grands rouleurs pour améliorer le taux de recours.

Les secteurs comme l’agriculture, le BTP et la pêche, fortement impactés, bénéficient d’une prolongation des aides jusqu’à la fin de l’année. Catherine Chabaud, ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, a récemment rencontré des pêcheurs dans l’Hérault et le Gard, évoquant un « plan de sauvegarde » pour la pêche en Méditerranée. Dès le 1er octobre, un prêt à taux zéro sera accessible aux pêcheurs.

Pénuries dans les stations Total

Les longues files d’attente devant les stations Total, qui plafonnent leurs prix, montrent l’ampleur de la crise. Lundi matin, plus de 17 % des stations françaises étaient en rupture d’au moins un carburant, en majorité chez Total. Philippe Casbas, analyste du secteur, avertit qu’un plafonnement des prix peut provoquer des pénuries. L’exécutif doit jongler entre soutien au pouvoir d’achat et viabilité économique pour les distributeurs.

En réponse aux problèmes d’approvisionnement, le gouvernement a pris une mesure exceptionnelle. Un arrêté paru au Journal officiel permet aux distributeurs de vendre du gazole d’été jusqu’au 15 novembre, au lieu du gazole d’hiver requis dès le 1er novembre. Les distributeurs doivent cependant prévenir leurs clients des risques de gel du carburant dans les zones sujettes au froid précoce.

Débat sur la fiscalité du carburant

Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a affirmé sur BFMTV qu’une baisse des taxes sur le carburant n’est « ni possible, ni souhaitable ». Il justifie cela par les finances publiques tendues, refusant que la classe moyenne paie pour réduire les taxes pour ceux qui roulent en 4×4 et n’ont pas besoin d’aide. Cette position s’oppose aux demandes de l’association 40 Millions d’automobilistes qui réclame une baisse significative des taxes.

Actuellement, 55 % du prix du carburant à la pompe correspond à des taxes. Jérôme Guedj, député socialiste, plaide pour une diminution de la fiscalité pétrolière. Il propose également de taxer les marges des distributeurs et raffineurs, qui ont augmenté.

Action d’Emmanuel Macron sur la scène internationale

Emmanuel Macron reste actif sur le plan international. Lors d’une rencontre avec Donald Trump à New York, il a discuté des questions énergétiques autour de l’Ukraine. Il a aussi écrit à Ursula von der Leyen pour demander un assouplissement temporaire des règles européennes sur les carburants, visant à accroître la production dans les raffineries et augmenter l’offre de diesel.

Il soutient également une accélération des efforts d’électrification en Europe et la modération de la consommation de gaz naturel.

Initiatives des collectivités locales

Face aux aides jugées insuffisantes par certains, des collectivités agissent. À Caudebec-lès-Elbeuf, une aide financière sous forme de cartes chez Total a été réactivée, passant de 70 à 80 euros. Le maire Laurent Bonnaterre souligne que cette somme ne représente plus un plein complet.

À La Tour-du-Pin, une autre stratégie est adoptée : la ville finance une partie de l’installation de kits de conversion au bioéthanol E85. « C’est une mesure de pouvoir d’achat », explique le maire Yoann Platel Liandrat. Une trentaine de résidents en ont déjà bénéficié depuis 2019.

Inquiétudes des professionnels de santé

Les infirmières libérales alertent sur leurs déplacements « à perte », sans aide spécifique, malgré des frais de déplacement croissants. Leur situation met en lumière les lacunes des aides gouvernementales.

Le spectre d’un mouvement social comparable aux Gilets jaunes de 2018 inquiète le gouvernement. Emmanuel Macron sera interviewé le 24 septembre, une occasion d’aborder la question des carburants. Avec un endettement public record prévu pour 2027, les nouvelles aides devront s’adapter aux contraintes budgétaires tout en calmant une colère sociale croissante.

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