Prix du diesel : pourquoi votre chaudière peut aussi faire monter le litre à la pompe

Le lien peut sembler improbable : quand les chaudières au fioul redémarrent, le prix du gazole automobile peut lui aussi subir une pression supplémentaire. La raison se trouve dans les raffineries, où diesel et fioul domestique sont issus de produits très proches. Et cette mécanique pourrait devenir particulièrement visible cet hiver.

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Prix du diesel : pourquoi votre chaudière peut aussi faire monter le litre à la pompe
Prix du diesel : pourquoi votre chaudière peut aussi faire monter le litre à la pompe © L'Automobiliste

Pourquoi le prix du diesel peut-il grimper alors que celui du pétrole brut ne bouge presque pas ?

Une partie de la réponse se trouve dans les raffineries. Et à l’approche de l’hiver, un autre facteur entre dans l’équation : le chauffage au fioul.

Le gazole que l’on met dans une voiture et le fioul domestique utilisé dans certaines chaudières sont deux produits très proches du point de vue du raffinage. Ils appartiennent à la famille des « distillats moyens ». Résultat : quand la demande de fioul augmente fortement, elle peut indirectement contribuer à tendre le marché du diesel.

Diesel et fioul : cousins proches

Un baril de pétrole ne se transforme pas intégralement en carburant automobile. Une raffinerie produit simultanément de l’essence, du kérosène, du diesel, des combustibles et différents produits pétroliers. Le raffineur dispose d’une certaine latitude pour adapter les volumes, mais cette flexibilité reste limitée.

Lorsque plusieurs marchés réclament simultanément davantage de distillats moyens, les volumes disponibles deviennent donc plus difficiles à répartir. Et le fioul domestique n’est pas le seul concurrent du diesel automobile. Le gazole non routier, utilisé notamment dans l’agriculture ou les travaux publics, sollicite lui aussi cette partie du baril. Le secteur aérien fait également pression sur les raffineries via la demande de kérosène.

Pourquoi l’hiver peut changer la donne

La consommation de chauffage est évidemment très saisonnière. Lorsque les températures chutent, les livraisons de fioul domestique augmentent. Les professionnels constituent des stocks avant l’hiver, mais une période de froid plus longue que prévu peut les faire diminuer rapidement.

Dans un marché où l’offre de diesel est abondante, cela ne pose pas nécessairement de problème. Mais lorsque les stocks sont faibles et que les raffineries disposent de peu de capacité supplémentaire, la hausse saisonnière de la demande peut faire grimper les prix de gros. Et cette hausse finit généralement par arriver jusqu’aux stations-service.

Le pétrole brut n’explique donc pas tout

Pour l’automobiliste, c’est un point essentiel. Le prix affiché à la pompe dépend bien sûr du prix du pétrole, du taux de change euro-dollar et de la fiscalité. Mais il dépend aussi de la valeur du carburant après raffinage.

Deux périodes affichant exactement le même prix du Brent peuvent donc donner des prix très différents pour le litre de gazole. Si le diesel devient rare par rapport aux autres produits pétroliers, sa « marge de raffinage » augmente. Le litre à la pompe peut alors progresser même si le baril reste relativement stable.

Le froid devient presque un indicateur du prix à la pompe

La météo pourrait donc devenir un facteur à surveiller pour les automobilistes roulant au diesel. Un hiver doux réduirait la demande de chauffage et laisserait davantage de marge au marché. Un hiver froid ferait exactement l’inverse.

Il faut néanmoins éviter un raccourci : chaque litre de fioul consommé dans une chaudière ne retire pas mécaniquement un litre de diesel à une station-service. Le système pétrolier européen dispose de stocks, d’importations et de possibilités d’ajustement.

Mais lorsque le marché est déjà tendu, la hausse simultanée de plusieurs demandes agit comme une pression supplémentaire. Pour les conducteurs de voitures diesel, la prochaine variation importante du prix à la pompe pourrait donc ne pas venir seulement d’un mouvement du pétrole ou d’une crise géopolitique. Elle pourrait aussi commencer beaucoup plus simplement : par une vague de froid sur l’Europe.

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