« 900€ par an juste pour rouler » : pourquoi cette nouvelle vignette automobile divise l’opinion avant même son vote

Jusqu’à 910 euros par an rien que pour posséder votre voiture : une nouvelle vignette automobile est sur la table. Qui paiera le plus, et pourquoi dès 2030 ? Les simulations réservent des surprises.

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« 900€ par an juste pour rouler » : pourquoi cette nouvelle vignette automobile divise l'opinion avant même son vote
« 900€ par an juste pour rouler » : pourquoi cette nouvelle vignette automobile divise l’opinion avant même son vote © L'Automobiliste

L’Institut mobilités et transitions (IMT), un groupe de réflexion indépendant consacré à la mobilité et à la transition écologique, propose de créer une taxe universelle annuelle sur la détention d’un véhicule. L’organisation la baptise redevance annuelle véhicule, en référence directe à l’ancienne vignette automobile. Son montant irait de 30 à 910 euros par an, selon les revenus du foyer, la motorisation de la voiture et son lieu de fabrication, annonce actu.fr.

L’IMT n’a aucun pouvoir de décision : il s’agit d’une recommandation, pas d’un projet gouvernemental. L’institut ne préconise d’ailleurs pas une mise en place avant 2030.

Le principe rappelle la vignette qui a existé pendant plusieurs décennies en France, supprimée en 2001. Ce sticker apposé sur le pare-brise avait fini par perdre toute légitimité parce qu’il était, selon les mots de l’IMT, « forfaitaire, sans lien visible avec son usage et déconnectée de toute logique sociale ou environnementale ».

Une fiscalité routière fragilisée par l’électrification

En 2025, la fiscalité routière a rapporté 67,5 milliards d’euros à l’État, aux collectivités et à la Sécurité sociale, dont 27,7 milliards issus des accises sur les carburants. Son poids dans les recettes publiques recule déjà : de 5,6 % en 2019 à 4,6 % en 2025.

À fiscalité inchangée, il tomberait à 3,4 % en 2035, selon une étude de l’IMT. En juin 2026, 30 % des immatriculations de voitures neuves en France étaient électriques, un mouvement qui prive mécaniquement le Trésor des accises sur l’essence et le diesel.

À ce rythme, l’IMT évoque 68 milliards d’euros de recettes fiscales routières en sursis et table sur un manque à gagner d’environ 8 milliards d’euros par an dès 2030 à fiscalité inchangée. L’électrification du parc explique environ la moitié de cette chute, l’autre moitié tenant à la non-indexation de certaines taxes sur l’inflation.

Or les besoins de financement ne faiblissent pas : réseaux électriques à adapter, routes dont l’entretien accuse du retard, transports en commun à moderniser, sans compter l’accompagnement social de la transition.

C’est cette équation que l’IMT cherche à résoudre, en écartant d’autres pistes qu’il a étudiées, relever la fiscalité sur l’électricité ou instaurer une taxe kilométrique pour les véhicules électriques, au profit d’une redevance universelle touchant indifféremment thermiques et électriques.

La proposition repose sur réglages : une modulation environnementale qui continue de favoriser l’électrification, et une modulation sociale censée tenir compte de l’accès aux alternatives à la voiture et du niveau de vie des ménages. Pour une voiture détenue par un particulier, le montant moyen atteindrait 140 euros en 2030 puis 260 euros en 2035, de quoi ne compenser que partiellement la baisse des recettes carburants.

Les simulations de l’IMT donnent une idée des écarts possibles. Un ménage très modeste, en zone rurale, propriétaire d’un seul véhicule électrique léger équipé d’une batterie européenne, se verrait réclamer 30 euros par an. À l’autre bout, un ménage aisé de centre-ville possédant plusieurs voitures, dont un modèle thermique ancien et lourd, atteindrait les 910 euros. Ces cas illustrent le mécanisme envisagé mais ne constituent pas un barème officiel.

Cette redevance viendrait s’ajouter à une fiscalité automobile déjà conséquente, estimée en moyenne à environ 940 euros par véhicule et par an pour un particulier. Le malus automobile a par ailleurs été durci au 1er janvier 2026 : le malus CO₂ démarre désormais à 108 grammes de CO₂ par kilomètre, avec une tranche maximale de 80 000 euros au-delà de 191 g/km, tandis que le seuil du malus au poids a été abaissé à 1,5 tonne.

Des représentants d’automobilistes ont déjà fait savoir leur opposition à cette piste, estimant qu’elle pèserait sur les ménages qui ont justement suivi les incitations publiques à passer à l’électrique.

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