Pourquoi des milliers de places de parking vont être supprimées : l’argument choc sur les piétons

Des milliers de places de parking vont disparaître en France, bouleversant le quotidien des automobilistes et des commerçants.

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Pourquoi des milliers de places de parking vont être supprimées : l’argument choc sur les piétons
Pourquoi des milliers de places de parking vont être supprimées : l’argument choc sur les piétons © L'Automobiliste

La sécurité routière en France est sur le point de changer nettement avec de nouvelles règles qui visent à mieux protéger les piétons. Votée fin 2019, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) commence à se faire sentir grâce à l’article 52, qui stipule que « qu’aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée 5 m en amont des passages piétons ». Cette disposition, applicable à l’échelle nationale, oblige désormais de nombreuses communes à supprimer des places de stationnement.

Une loi qui change le visage des villes

La LOM, votée il y a environ six ans, était assez passée inaperçue jusqu’à présent. Son champ d’application est vaste : des milliers de communes en France sont concernées, et les mairies doivent agir d’ici à la fin de l’année. L’objectif est clair : sécuriser les piétons en améliorant la visibilité des automobilistes autour des passages cloutés, pour tenter de réduire les accidents mortels. Par exemple, dans l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing, ce sont 4 654 places de parking qui seront supprimées, tandis qu’à Saint-Quentin (Aisne), 600 places devront disparaître.

Les chiffres de la sécurité routière donnent une idée de la nécessité de la mesure. En 2021, 120 personnes ont été tuées sur un passage piéton sécurisé. Ce nombre est passé à 127 personnes en 2023, une hausse qui alarme et que la mesure entend inverser.

Ce que disent les habitants et les commerçants

Les réactions sont partagées. Certains automobilistes comprennent la démarche : Fernando, un habitant interrogé par franceinfo, dit qu’il est d’accord « parce que j’ai failli me faire envoler déjà trois ou quatre fois. » Alicia, une conductrice, reconnaît aussi que la visibilité est souvent mauvaise quand on est trop près des passages piétons.

Du côté des commerçants, l’inquiétude se fait sentir. Mélissa, boulangère à Saint-Quentin, explique que « les trois quarts de la clientèle, c’est en voiture quand même », et la disparition des places soulève des craintes sur la fréquentation future des commerces locaux.

Les collectivités locales pointent aussi le coût de la transformation urbaine. Thomas Dudebout, adjoint au maire, rappelle qu’aucune aide financière n’est prévue pour ces travaux. Le montant total pour mettre les aménagements aux normes est estimé à 2,5 millions d’euros, une somme lourde pour un budget annuel d’investissement voirie qui s’élève à 6 millions d’euros.

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