Trouver où se garer en ville risque de devenir plus compliqué en France : la suppression de nombreuses places de stationnement est en route. En effet, d’ici à décembre 2026, des milliers de ces espaces seront retirés partout dans l’Hexagone. Cette initiative soulève une question importante : pourquoi de telles décisions sont prises et quelles seront les conséquences pour les citadins, les automobilistes et les collectivités ?
Une loi qui redessine la mobilité
La suppression de places de stationnement en ville vient de la Loi d’orientation des mobilités (LOM), adoptée en 2019. Cette loi vise à renforcer la sécurité des piétons tout en réorganisant les espaces urbains. Elle impose notamment une distance réglementaire entre les passages piétons et les premiers emplacements de stationnement.
Les mesures prévues par la loi sont strictes : toutes les places situées à moins de 5 mètres des passages piétons et avant les feux tricolores devront disparaître, permettant des réaménagements urbains. Les zones ainsi libérées ne pourront dorénavant être utilisées que par des vélos et des trottinettes, interdisant implicitement le stationnement des voitures.
Ce que ça change pour les villes
L’application de la LOM doit être complétée d’ici la fin de l’année 2026. Comme l’explique Cnews, à cette date, les suppressions seront massives et toucheront plusieurs grandes villes françaises. Paris, par exemple, prévoit la disparition de 22 000 places de stationnement. La métropole lilloise est concernée à hauteur de 4 500 places, suivie de Lyon avec 3 300 places, et Amiens avec 3 325 places. Bordeaux a aussi annoncé la suppression de 1 000 places.
Dans des villes comme Saint-Quentin (Aisne), où la loi a déjà été mise en œuvre, les aménagements ont généré des dépenses importantes. La commune a dû débourser 3 000 000 € pour s’adapter à ces nouvelles normes.
Le but affiché de cette réforme est d’améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes en France. En offrant une meilleure visibilité aux intersections et passages piétons, on espère réduire le nombre d’accidents. Par ailleurs, cette initiative suit une tendance européenne : plusieurs pays imposent jusqu’à 10 mètres de dégagement devant les passages piétons, et les Zones à Faibles Émissions jouent un rôle central dans cette transition.
Pour autant, certains acteurs sonnent la prudence. Fabrice Godefroy, de l’association 40 millions d’automobilistes, souligne qu’il comprend « le côté sécuritaire » de la LOM, mais il redoute que ces changements n’éloignent les Français des centres-villes, gênés par la raréfaction des places.
Du côté de l’opinion publique, l’initiative est plutôt acceptée si elle permet « d’éviter des accidents ». Les habitants interrogés jugent ce changement comme un « bon compromis », malgré l’inquiétude générale face à la diminution des espaces de stationnement.



