La France se prépare à transformer son réseau routier en supprimant petit à petit les ralentisseurs d’ici 2025. Cette décision, qui va sans doute chambouler le quotidien de nombreux automobilistes, fait suite à plusieurs années de contestations sur la légalité de nombreux dispositifs. Les ralentisseurs, présents sur presque toutes les routes françaises, font l’objet de débats animés, portés par des associations comme la Ligue de défense des conducteurs (LDC) et Pour une mobilité sereine et durable (PUMSD), qui réclament la suppression de ces installations non conformes aux normes.
Une présence partout et souvent hors normes
Pendant longtemps, on a utilisé les ralentisseurs pour sécuriser des zones sensibles, notamment aux abords des écoles. Mais leur multiplication à tout-va a rapidement fait l’objet de critiques. Actuellement, on dénombre plus de 450 000 ralentisseurs illégaux sur le territoire français, un record en Europe, et il semblerait que 90 % d’entre eux soient illégaux (selon le décret n°94-447 du 27 mai 1994). Pour être précis, ce décret fixe une hauteur maximale de 10 cm pour un dos d’âne, tandis que celle des ralentisseurs trapézoïdaux peut atteindre 15 cm. Par ailleurs, leur installation est strictement réservée à certaines zones, comme les agglomérations ou les aires de service.
Un tournant juridique marquant
Un événement récent dans le Var a vraiment changé la donne. À Vinon-sur-Verdon, une décision de justice a ordonné le retrait d’un dos d’âne jugé non conforme. Ce précédent pourrait bien encourager d’autres recours à travers le pays, et les associations d’automobilistes envisagent désormais de multiplier les actions en justice contre ces installations irrégulières. La Cour d’appel administrative de Marseille a d’ailleurs confirmé l’importance du respect du décret tout en refusant de procéder à la destruction immédiate des ralentisseurs non conformes, afin de ne pas porter atteinte à l’intérêt général.
Des solutions pour une route plus fluide
Face à la situation, plusieurs alternatives sont à l’étude pour garantir une sécurité sur nos routes sans avoir recours aux ralentisseurs classiques. Parmi les idées, on trouve :
- l’installation de radars pédagogiques qui informent les conducteurs sans les sanctionner
- l’aménagement de voies rétrécies
- la création de chicanes pour inciter naturellement à ralentir
On envisage aussi de mettre en place des plateaux surélevés respectant les normes, afin d’obtenir un freinage adapté pour les véhicules.
Les défis côté budget et organisation
Passer à un réseau routier sans ralentisseur demandera une organisation bien ficelée et un suivi attentif. Les municipalités devront examiner chaque installation existante et élaborer un plan d’action détaillé pour prioriser les interventions selon leur degré d’urgence et leur importance pour la sécurité publique. Cela nécessitera aussi un investissement financier conséquent pour retirer les dispositifs dépassés et former le personnel à ces nouvelles techniques.





