Une nouvelle génération de radars, combinant LiDAR 3D et intelligence artificielle, doit entrer en service en Espagne à l’été 2026, confirme Le Blog Moto. La promesse affichée : repérer les véhicules plus tôt, mesurer la vitesse avec davantage de précision et identifier chaque type de véhicule, motos comprises, grâce à des technologies telles que le freinage automatique.
Un radar classique ne calcule qu’une vitesse instantanée. Le LiDAR 3D, lui, est un laser qui scanne l’espace et reconstruit une scène en trois dimensions, modélisant le déplacement et la position exacte du véhicule. Sa portée annoncée atteint 200 mètres avant le boîtier, et le contrôle peut s’effectuer dans les deux sens de circulation.
Conséquence concrète pour les conducteurs : lever le pied à la vue de la cabine peut déjà être trop tard, l’automobiliste étant entré dans la zone de mesure bien avant de l’apercevoir. « Quand on voit l’appareil, c’est déjà trop tard », affirme un expert cité par une radio espagnole.
Ces appareils sont aussi dits « discriminants » : ils identifient en temps réel le type de véhicule, voiture, poids lourd ou autre catégorie, et adaptent la vitesse retenue, donc la sanction, en conséquence. Sur autoroute ou sur des nationales fréquentées par des camions, où les limitations diffèrent selon le véhicule, la distinction prend tout son sens.
Les motos, jusque-là difficiles à flasher
Leur silhouette fine posait problème à certains équipements classiques. Elles sont directement concernées par cette évolution. José Eugenio Naranjo, spécialiste des systèmes de transport intelligents, évoque la possibilité de modèles qui pourraient devenir infaillibles contre les excès de vitesse à moto.
Docteur en informatique à l’Université polytechnique de Madrid, il précise que la technologie 3D permet de distinguer un deux-roues dans le flux de circulation, même plus étroit qu’une voiture et moins visible sur certains axes.
L’analyse en temps réel permet d’associer une mesure de vitesse à un véhicule précis, ce qui réduit les contestations liées à l’identification. Reste que le mot « infaillible » demeure une promesse d’expert : la performance réelle dépendra de l’installation, de la calibration et des conditions, pluie ou trafic dense compris, à évaluer sur plusieurs mois.
En France, un déploiement encore marginal
Quelques radars laser 3D sont déjà en service dans l’Hexagone, mais leur nombre reste faible comparé aux radars-lecteurs de plaques.
Deux industriels français, Idemia et Parifex, mettent en avant des équipements capables d’élargir le spectre des infractions détectées, bien au-delà du simple excès de vitesse.
Parifex cite ainsi un LiDAR 3D baptisé « Nano », capable de scruter une scène en trois dimensions. L’objectif présenté est de transformer le radar en capteur de circulation, et non plus seulement en compteur de vitesse.
Un chantier de modernisation est évoqué pour la période 2026-2030. Les futurs radars devraient pouvoir vérifier l’usage du téléphone au volant, le respect des distances de sécurité, le franchissement de stop, l’usage illégal des voies réservées et d’autres manquements liés à la sécurité, similaires à une caméra de surveillance.
Plus un système voit finement une scène, plus la question de ce qui est capté, conservé et exploité se pose. Les autorités, elles, mettent en avant des arguments de sécurité routière : une détection plus rapide des accidents, des véhicules à l’arrêt ou des situations à risque. Le débat entre prévention et renforcement du contrôle devrait s’amplifier à mesure que ces boîtiers se multiplient sur le réseau routier.



