Le dimanche 12 juillet 2026, la Fédération française des motards en colère de la Sarthe (FFMC 72) a publié un communiqué rappelant un constat qu’elle juge alarmant : les problèmes d’infrastructure sont un facteur probable ou avéré dans près de 30 % des accidents de la route. Le gazole répandu au sol, selon l’association, en fait « malheureusement partie ».
Le texte évoque un événement survenu la veille, samedi 11 juillet. Il fait aussi référence à un autre volet de l’action de la fédération, portant sur le signalement des dangers routiers et son opposition récurrente au contrôle technique moto.
Une opération menée à la pompe, à Sainte-Jamme-sur-Sarthe
Ce rappel s’appuie sur une action concrète menée quelques mois plus tôt. Le samedi 25 avril, la FFMC 72 avait renouvelé une opération de prévention sur le risque de sur-remplissage des réservoirs de gazole, à la station-service du Super U de Sainte-Jamme-sur-Sarthe. Des tracts avaient été distribués aux automobilistes venus faire le plein, à un prix affiché ce jour-là à 2,15 euros le litre.
L’enjeu tient en une image simple : un réservoir trop rempli peut déborder dès le premier virage ou le premier rond-point, et le gazole au sol produit alors le même effet qu’une plaque de verglas sur les roues d’un deux-roues, motorisé ou non.
La fédération pointe trois risques cumulés :
- un risque économique, lié au prix du carburant gaspillé,
- un risque écologique,
- et un risque de sécurité qu’elle juge majeur pour les usagers de moto ou de vélo.
Beaucoup de clients abordés sur place, selon la FFMC 72, ignoraient tout simplement ce phénomène de débordement au premier changement de direction.
Un problème identifié bien avant la Sarthe
Cette préoccupation n’est pas nouvelle. Dès 2014, le département de la Loire avait lancé une campagne de sensibilisation comparable, avec des moyens autrement plus lourds : 15 000 prospectus distribués aux professionnels du transport et aux particuliers, et des autocollants « Danger gazole » apposés sur les pompes des 118 stations-service du département.
Le message y était le même qu’aujourd’hui dans la Sarthe : le plein s’arrête au premier clic, sans quoi le conducteur s’expose à des poursuites pour mise en danger d’autrui, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
La démarche avait été portée par un courrier de Fabienne Buccio, alors préfète de la Loire, adressé le 19 mars 2014 à ses services pour demander de renouveler l’action de lutte contre le déversement de gazole sur la chaussée. Elle y résumait sa conviction en une phrase : « La répression n’est pas le seul moyen de lutter contre l’insécurité routière. »
Une enquête menée dans la Loire et d’autres départements pilotes avait identifié quatre causes principales de fuites : la détérioration des réservoirs après un vol de carburant, l’oubli du bouchon (en particulier sur les poids lourds qui disposent de deux réservoirs), le réservoir trop rempli, et le manque d’entretien du véhicule.
Le département comptait alors mesurer l’efficacité de sa campagne en comparant le nombre d’interventions de dispersant sur la chaussée, une centaine par an à l’époque, avant d’envisager une extension régionale, voire nationale, de la démarche.
Douze ans plus tard, la FFMC 72 reprend le même combat à son échelle, en misant sur le contact direct avec les automobilistes à la pompe. La fédération sarthoise indique qu’elle compte reconduire ce type d’action, la jugeant particulièrement utile pour faire passer un message que beaucoup d’automobilistes découvrent encore devant leur pompe à gazole.



