Les responsables de l’Île-de-France viennent de lancer une initiative audacieuse pour transformer les autoroutes A3 et A86 en véritables boulevards urbains d’ici 2032. L’idée, c’est de diminuer petit à petit la réduction de vitesse sur ces axes, pour finir avec une limite à 50 km/h. Ce changement devrait permettre de réduire les nuisances sonores et atmosphériques, tout en boostant la sécurité routière sur la route. Cette démarche répond aux inquiétudes grandissantes sur la pollution en Île-de-France et pourrait améliorer le quotidien des habitants.
Un relooking ambitieux
Le plan prévoit une baisse progressive de la vitesse sur l’A3 et l’A86, avec un premier palier à 70 km/h dès 2026. Ces nouvelles mesures seront accompagnées de véritables travaux dans l’urbanisme : trottoirs élargis, création de pistes cyclables et installation de voies réservées aux bus ou au covoiturage. Autant d’aménagements qui visent à fluidifier la circulation dans des zones très habitées.
L’A3, qui relie la porte de Bagnolet à l’A1 en passant par des villes comme Noisy-le-Sec et Bondy, et l’A86 surnommée le « super-périphérique » qui fait le tour de Paris, sont au cœur de cette transformation. La structure publique Est Ensemble, qui regroupe Montreuil, Bagnolet, Bobigny et Le Pré-Saint-Gervais, joue un rôle central dans ce projet. Gaylord Le Chéquer insiste sur l’importance d’une action commune en déclarant, lors de la réunion des élus : « Sur cette question, on ne peut pas être dans une approche où chacun agit de son côté. Il faut une coordination à l’échelle métropolitaine pour réfléchir à des autoroutes apaisées. »
Les enjeux sur le plan de l’environnement et de la santé
Avec environ 180 000 habitants vivant à moins de 500 mètres d’une autoroute dans le périmètre d’Est Ensemble, les questions environnementales sont très préoccupantes. Ces habitants font face à des niveaux de dioxyde d’azote vraiment élevés, parfois huit fois supérieurs à la limite recommandée par l’OMS. La porte de Bagnolet est d’ailleurs pointée du doigt comme l’un des endroits les plus pollués du pays.
Plusieurs initiatives locales tentent de redresser la barre. Par exemple, Anne Hidalgo a décidé de ramener la vitesse sur le périphérique parisien à 50 km/h dès octobre 2024. D’autres villes en France et en Europe montrent la voie : Lyon a déjà transformé 16 km d’autoroute en boulevard urbain, et Barcelone a revu la configuration de l’avenue Meridiana.
La tension entre mobilité et vie en ville
Ce projet soulève aussi des interrogations. Les axes concernés sont indispensables pour la circulation dans la région et sont empruntés quotidiennement par des milliers d’automobilistes. La diminution de la vitesse risque d’allonger les trajets et de provoquer davantage de bouchons aux heures de pointe, ce qui inquiète les professionnels du transport.
Le gouvernement ne cache pas ses réserves. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a commenté : « Avec le préfet de police, nous n’étions pas forcément favorables à cette mesure quand elle a été prise sur le périphérique parisien ». Cependant, il reste ouvert aux expérimentations pour voir comment ces modifications se traduiront concrètement en matière de pollution et de technologie de régulation.



