La Gendarmerie nationale signale un problème sérieux lié à la vétusté de son parc automobile, une situation qui pourrait peser sur son efficacité opérationnelle, notamment en ce qui concerne le contrôle technique, rapporte Auto Journal. L’alerte a été lancée par le général Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, lors d’une audition au Sénat le 30 octobre 2025. Les sénateurs ont pris connaissance d’un rapport alarmant sur l’entretien et le renouvellement de cette flotte, qui joue un rôle clé pour la sécurité routière en France.
Un parc automobile qui vieillit
L’âge moyen du parc est de 7 à 8 ans. Au total, ce sont 30 000 véhicules, dont des modèles comme la Peugeot 5008, la Renault Scénic, et l’Alpine A110, qui arrivent à une phase critique de leur cycle de vie.
Selon Hubert Bonneau, la durée de vie optimale d’un véhicule est 8 ans. Il explique qu’il faudrait normalement renouveler un huitième du parc chaque année, soit 3 700 véhicules.
Pourtant, les contraintes budgétaires actuelles forcent l’institution à réduire ce rythme : seulement 5 000 véhicules sont prévus pour la période 2024-2026, alors que le besoin théorique est de 15 000 véhicules.
Le directeur général parle d’un « budget restreint » et affirme clairement : « Je n’ai pas les moyens de faire plus », ce qui rend impossible le respect des quotas de renouvellement recommandés.
Ce que ça change sur le terrain et les risques à venir
La réduction du renouvellement risque d’entacher le « travail du quotidien » de la Gendarmerie, selon M. Bonneau. La capacité actuelle de remplacement promet l’arrivée de seulement 600 modèles neufs l’an prochain, un chiffre loin des standards attendus.
Le risque d’un « mur d’investissement » dans « deux ou trois ans » est aussi mis en avant : à cette échéance, il pourrait falloir dépenser massivement pour éviter que l’équipement ne devienne obsolète. Sans solutions durables, la Gendarmerie pourrait être contrainte de moderniser très rapidement sa flotte.
Le plan pour renouveler la flotte
Pour répondre à ces défis, la Gendarmerie mène des procédures strictes de sélection via des appels d’offres, afin de s’assurer que les nouveaux véhicules, y compris les voitures-radars, répondent aux exigences techniques et économiques.
Une transition énergétique est envisagée, avec l’objectif de convertir 40 000 véhicules au Superéthanol E85, ce qui pourrait alléger la pression budgétaire et s’inscrire dans une politique durable.
La stratégie tient aussi compte du lancement du Peugeot 5008 de troisième génération en 2024, qui devrait aider à moderniser progressivement la flotte. Mais cette modernisation risque de ne pas suffire à résorber le retard causé par le manque de capacité de renouvellement.
L’analyse budgétaire pour la période 2027-2030 souligne aussi la nécessité d’anticiper des investissements futurs pour maintenir la performance et la modernisation des radars de la Gendarmerie.


