Un radar affichant 115 km/h sur une route limitée à 110 km/h ne se traduit pas automatiquement par un procès-verbal pour 115 km/h. Les autorités françaises ont instauré une marge d’erreur officielle sur l’ensemble des radars du territoire, qui permet de dépasser légèrement une limitation sans être sanctionné.
Dans cet exemple, la vitesse dite retenue, celle qui figure sur l’avis de contravention, tombe à 109,5 km/h : elle est systématiquement inférieure à la vitesse réellement mesurée par l’appareil.
Ce mécanisme part d’un principe simple : aucun système de mesure n’est parfait, ni les radars, ni les compteurs des véhicules. La marge appliquée par l’État vise à éviter qu’un automobiliste soit verbalisé pour une infime fluctuation de vitesse. Elle ne dispense pas de respecter les limitations, elle compense seulement des imprécisions techniques inévitables.
Nombre d’automobilistes ressentent une montée d’adrénaline en apercevant un radar, alors même que cette marge existe précisément pour éviter de sanctionner de simples fluctuations de vitesse.
Sur les radars fixes, toujours signalés en amont par un panneau, la marge est de 5 km/h pour toute vitesse jusqu’à 100 km/h, puis de 5 % au-delà. Sur une route limitée à 80 km/h, l’infraction n’est retenue qu’à partir de 86 km/h, pour une vitesse finalement enregistrée à 81 km/h.
À 90 km/h, le seuil de déclenchement grimpe à 96 km/h, avec une vitesse retenue de 91 km/h. Sur les axes à 110 km/h, la tolérance repousse le seuil à 116 km/h, la vitesse retenue s’élevant alors à 111 km/h. Sur autoroute, à 130 km/h, ce seuil monte à 137 km/h, pour une vitesse retenue de 131 km/h.
Les radars mobiles, moins précis, tolèrent davantage
Plus difficiles à repérer, donc plus redoutés, les radars embarqués bénéficient d’une marge nettement supérieure : leur précision technique est jugée moindre que celle des installations fixes. La tolérance grimpe à 10 km/h jusqu’à 100 km/h, puis à 10 % au-delà.
Sur une route à 80 km/h, il faut dépasser 91 km/h pour être sanctionné, la vitesse retenue restant fixée à 81 km/h. À 90 km/h, le seuil passe à 101 km/h, pour une vitesse retenue de 91 km/h. Sur voie rapide à 110 km/h, le déclenchement n’intervient qu’à 122 km/h, vitesse retenue de 111 km/h.
Sur autoroute, à 130 km/h, un radar mobile peut laisser filer un véhicule jusqu’à 144 km/h avant de flasher, la vitesse retenue étant alors ramenée à 131 km/h.
Cette marge plus large ne doit pas inciter à abuser de la vitesse, la sécurité de tous restant l’objectif affiché par les autorités. La vitesse demeure la première cause d’accidents en France, à l’origine de 31 % des accidents et de 27 % des morts sur les routes, selon les chiffres cités par Presse-citron dans un article publié le 11 août 2026.
Ces limitations, rappelle Presse Citron, ne sont pas fixées au hasard mais répondent à des impératifs de sécurité, et de nombreux blessés, parfois marqués à vie, s’ajoutent à ce bilan.
Presse-citron relève aussi une vertu moins évidente à cette marge : elle permet au conducteur d’aborder un radar plus serein, sans freiner brusquement à son approche, ce qui peut s’avérer dangereux, et de garder les yeux sur la route plutôt que rivés sur le compteur.


