Carrefour lance une offre de boîtiers de conversion au superéthanol E85, quelques mois après E.Leclerc, annonce L’Automobile Magazine. Pour proposer cette prestation, le distributeur s’associe avec l’entreprise finlandaise eFlexFuel Technology, jusqu’ici moins implantée en France que ses concurrents Flexfuel Energy Development et Biomotors. L’offre est jugée plus modeste, et sur certains points moins avantageuse, que celle de son concurrent.
Carrefour ne dispose pas d’un réseau de centres-autos comme E.Leclerc. L’installation du boîtier n’est donc pas effectuée directement par l’enseigne : il faut prendre rendez-vous avec l’un des 250 garages agréés par eFlexFuel Technology pour faire poser le kit sans risquer de problème sur la carte grise.
Des tarifs qui démarrent à 690 euros
En commandant sur le site de Carrefour Energies, le tarif préférentiel démarre à 690 euros, installation comprise, contre 799 euros en passant directement par eFlexFuel. Un simulateur de compatibilité permet de vérifier son éligibilité en indiquant la marque, l’année de mise en circulation, le modèle et la motorisation du véhicule.
Le prix varie selon la sophistication du moteur, et certains véhicules ne sont tout simplement pas compatibles. Exemple donné pour une Renault Clio TCe 90 de 2015 : l’opération revient à 749 euros chez Carrefour Énergies, soit 50 euros de moins que chez un autre partenaire d’eFlexFuel. Pour un boîtier à injection directe destiné à un Peugeot 3008 1.2 PureTech 130, la facture grimpe à 890 euros.
Ce tarif d’entrée de 690 euros correspond exactement au prix de départ « normal » chez E.Leclerc, qui s’est associé au fabricant français Biomotors début 2026, avant l’envolée des prix des carburants. Une promotion fait toutefois démarrer la facture à 579 euros jusqu’au 30 septembre 2026 dans les centres-autos habilités de l’enseigne.
Le superéthanol E85, présent en France depuis vingt ans, reste un carburant marginal, mais la demande grimpe. Depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, les prix de l’essence et du gazole ont fortement augmenté, un phénomène qui profite à la fois à la voiture électrique et à la filière E85.
Le carburant s’affiche autour de 0,84 euro le litre, contre 2,02 euros pour le SP95-E10, soit un écart en partie compensé par une surconsommation de 20 % à 25 % chez les véhicules convertis. Le réseau de distribution a franchi les 4 000 stations-service en novembre 2025, ce qui représente 42 % du parc français selon la Collective du Bioéthanol, et continue de s’étoffer.
Le moteur 1.2 PureTech, un cas à part
Le simulateur de Carrefour Energies indique que certaines versions du 1.2 PureTech à courroie de Stellantis sont éligibles à la conversion. Ce trois-cylindres essence est pourtant connu pour des problèmes de fiabilité récurrents, ce qui appelle à la prudence avant toute transformation.
Fin 2024, Biomotors a été le seul acteur à lancer un kit censé améliorer la conversion E85 de ce moteur, ainsi que du 1.3 TCe de Renault : le Bioflex Air, doté d’un injecteur supplémentaire et proposé à partir de 799 euros (au lieu de 890 euros) jusqu’au 30 septembre 2026. eFlexFuel Technology ne propose pas de technologie brevetée équivalente.
En cas de surconsommation d’huile ou d’usure prématurée de la courroie de distribution, Stellantis pourrait refuser d’appliquer sa couverture spéciale de 8 ans si la modification venait à être découverte. Même avec la solution Biomotors, le passage à l’éthanol peut fragiliser davantage ce moteur déjà jugé capricieux.
La garantie de 5 ans annoncée par eFlexFuel ne couvre que le boîtier, pas les pannes mécaniques du véhicule. La législation française prévoit certes que le fabricant du boîtier prenne en charge les dommages mécaniques liés à l’éthanol, mais il n’est pas toujours simple de prouver que ce carburant est à l’origine d’une panne.

