Ces petits robots qui livrent vos colis roulent désormais seuls sur les routes françaises : les livreurs traditionnels redoutent la suite

Des robots livreurs bientôt dans vos rues : jusqu’à 1 000 kg transportés, sans chauffeur, avec un taux de réussite de 99 %. La France veut griller la politesse à l’Europe et à l’ONU sur ce dossier.

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Ces petits robots qui livrent vos colis roulent désormais seuls sur les routes françaises : les livreurs traditionnels redoutent la suite
Source : Auto Infos | L'Automobiliste

Un arrêté publié le vendredi 7 août 2026 autorise l’homologation et la mise en circulation sur route de petits robots de livraison électriques en France, confirme BFMTV. Un cadre légal qui n’existait tout simplement pas jusque-là pour ce type d’engins.

Le texte fixe les critères permettant aux constructeurs de fabriquer ces véhicules. L’objectif est de faciliter certaines étapes de livraison, jugées onéreuses et polluantes, et cette étape réglementaire doit permettre aux fabricants de monter en puissance, selon le ministère des Transports.

Philippe Tabarot, ministre des Transports, a déclaré que cette décision traduisait leur ambition d’accélérer le déploiement des véhicules autonomes en France. Il a ajouté que la France s’appuie sur ses compétences reconnues en intelligence artificielle et technologies connectées pour confirmer sa place parmi les pays les plus avancés du secteur.

Ces robots, purement électriques et sans personne à bord, sont classés dans la catégorie L, celle des motos et des quads. Ils pourront rouler sur la chaussée mais resteront strictement interdits sur les trottoirs, pour préserver la sécurité des piétons.

Leur gabarit peut atteindre jusqu’à 4 mètres de long et 2 mètres de large, comparable à celui d’une citadine, pour une charge utile allant jusqu’à 1 000 kg. Lidars, caméras et radars leur permettent de suivre un itinéraire prédéfini, sous supervision à distance, avec des exigences strictes de cybersécurité et de protection des données. Les collectivités locales gardent la main sur les périmètres et les parcours autorisés.

Le ministère présente cette homologation comme un moyen de dépoussiérer la logistique du dernier kilomètre, de fluidifier le trafic urbain et de réduire les émissions polluantes.

Une avance revendiquée sur l’ONU et l’Union européenne

Le ministère revendique une avance sur les travaux en cours à l’ONU et au sein de l’Union européenne sur ce sujet, dans un secteur où la concurrence internationale s’organise déjà. En Chine, Meituan, JD.com et Neolix ont dépassé le million de livraisons avec leurs flottes. Aux États-Unis, Nuro et Serve Robotics font rouler leurs robots sur la chaussée et dans plusieurs campus universitaires, sous le contrôle de l’agence fédérale de sécurité routière.

Plus de 200 expérimentations de robots de livraison ont eu lieu en France depuis 2015, dans le cadre de la stratégie nationale pour la mobilité automatisée lancée en 2018. Le taux de réussite opérationnel dépasse 99 %, malgré des vidéos virales montrant des robots bloqués par un chantier ou déboussolés face à un obstacle, qui suscitent régulièrement des moqueries sur les réseaux sociaux.

De Cahors à Bratislava, l’exemple TwinswHeel

Vincent Talon dirige Soben, fabricant d’amortisseurs pour l’automobile et l’aéronautique installé à Cahors, dans le Lot. En 2016, avec son frère jumeau, il a créé une branche dédiée aux véhicules autonomes, TwinswHeel, déjà déployée pour les Postes locales de Ljubljana, en Slovénie, et de Bratislava, en Slovaquie.

Vincent Talon décrit l’étape que traverse la France comme « le cran de l’expérimentation à l’industrialisation. C’est vraiment cette étape-là que l’on est en train de franchir en France. » Le dispositif slovène et slovaque, selon lui, permet d’avoir un service de livraison beaucoup plus fréquent et automatisé dans ces hypercentres où il est toujours compliqué de circuler.

En bout de course, le client reçoit un code et ouvre lui-même le casier du robot pour récupérer son courrier ou son colis.

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