Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé mercredi 2 septembre 2026 que deux voitures Tesla équipées du dispositif « Full Self-Driving » (FSD), 100 % autonomes, allaient être testées sur route en France dans les prochains jours. Une première dans le pays.
L’annonce intervient à l’issue d’une visioconférence entre le ministre et Elon Musk, le patron de Tesla. Les deux véhicules, mis à disposition par le constructeur, rouleront seuls mais sous la surveillance d’un conducteur prêt à reprendre le volant. Sur X, Tabarot a résumé le sens de cette étape, indiquant qu’avec la mise à disposition de deux véhicules équipés de FSD par Tesla, la France entrait désormais dans une nouvelle étape, celle des essais sur route.
Échange constructif ce soir avec @elonmusk autour du dispositif Full Self-Driving (FSD) de Tesla.
Depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec @Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera… pic.twitter.com/d1Y90cGJLf
— Philippe Tabarot (@PhilippeTabarot) September 2, 2026
Un revirement après le refus de juillet
Le changement de ton est net. Le 22 juillet 2026, le même Philippe Tabarot avait détaillé les réserves françaises, jugeant que le FSD apportait un certain nombre de progrès technologiques, mais que les contreparties en matière de sécurité n’étaient pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état.
Depuis, les autorités françaises travaillent avec Tesla sur des adaptations techniques censées répondre à ces réserves, en vue de soutenir une homologation qui se décidera au niveau européen.
Le dispositif reste, sur le plan technique, un système de conduite supervisée plutôt qu’une autonomie complète. Une fois la destination indiquée au GPS, la voiture conduit sans intervention humaine, mais le conducteur doit rester attentif. Une caméra embarquée vérifie qu’il l’est bien et qu’il peut reprendre la main à tout moment. Pierre-Olivier Marie, rédacteur en chef du site Caradisiac, qui a testé le dispositif, en garde un souvenir marqué : « C’est absolument terrifiant. Vous montez dans une voiture, vous indiquez une destination au GPS et la voiture conduit sans intervention humaine sauf que le conducteur doit être aux aguets. »
Un vote européen attendu le 6 octobre
L’homologation du FSD ne se jouera pas à Paris mais à Bruxelles. Un vote est attendu dès le 6 octobre 2026, et il faudra réunir le soutien d’au moins 15 États membres représentant 65 % de la population de l’Union européenne pour obtenir une majorité qualifiée. Le poids de la France dans ce scrutin pourrait s’avérer déterminant.
Tesla avance ses propres chiffres pour convaincre : selon le constructeur, le FSD aurait enregistré 4,1 fois moins de collisions que la conduite manuelle de ses véhicules, sur plus de 100 millions de kilomètres parcourus dans cinq pays européens. Des données qui proviennent directement de l’entreprise et méritent d’être prises avec la prudence qui s’impose.
Le marché français n’est pas anodin pour Tesla. Le modèle Y reste la voiture la plus vendue en France, rappelle Marie, qui souligne que Tesla dispose en outre d’une usine en Allemagne et d’un réseau de recharge partout, ce qui en fait un énorme marché.
Des voitures autonomes Tesla circulent déjà aux Pays-Bas, au Danemark et en Belgique. Selon le constructeur, aucune collision n’y a été recensée depuis le lancement de ces essais.



