Sans les aides, l’auto électrique serait-elle un fiasco total ?

Le marché des véhicules électriques en France est en chute libre avec une baisse de 6,4 % des ventes en 2025.

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Sans les aides, l’auto électrique serait-elle un fiasco total ?
Sans les aides, l’auto électrique serait-elle un fiasco total ? © L'Automobiliste

Pendant les premiers mois de 2025, le marché des véhicules électriques en France a fortement ralenti. Une étude de l’Avere et les chiffres de AAA Data montrent clairement une baisse des ventes, qui risque de changer la donne pour l’électrification du parc automobile français. Alors que la planète se tourne de plus en plus vers des solutions durables, connaître les dessous de ce secteur aide à mieux cerner les défis et opportunités qui se présentent.

Des ventes en forte baisse

En 2024, on avait déjà noté un fléchissement avec une diminution de 3 % des ventes de modèles 100 % électriques neufs. Mais depuis janvier 2025, le recul s’est encore accentué avec une baisse supplémentaire de 6,4 % durant le premier semestre. Ce ralentissement montre que l’engouement autour des véhicules électriques commence à s’essouffler, illustrant la stagnation du marché, même si l’offre se diversifie de jour en jour.

La gamme actuelle regroupe par exemple des citadines et des SUV du segment B qui se développent bien. À titre d’exemple, la Renault 5 E-Tech a écoulé 15 752 unités en six mois, pendant que la Citroën ë-C3 a atteint environ 10 000 exemplaires vendus. Pourtant, malgré ces bons chiffres, le coût demeure un frein important pour beaucoup de consommateurs.

Les raisons économiques du ralentissement

Plusieurs facteurs économiques expliquent ce ralentissement. Les incertitudes sur les aides gouvernementales, comme la réduction du bonus gouvernemental, ont clairement influencé les décisions d’achat. Par ailleurs, même si le leasing social représentait 17 % des immatriculations d’électriques en 2024, son attrait s’est un peu estompé au fil du temps.

Aussi, certains clients ont peut-être reporté leur achat en attendant le nouveau programme de leasing social qui doit débuter le 30 septembre 2025. Ce report pourrait en partie expliquer la baisse constatée dans les ventes.

Écart entre prix et accessibilité

Un autre souci persiste : le coût élevé perçu des véhicules électriques comparé à leurs homologues thermiques ou hybrides. Même si l’écart s’est réduit, il reste notable. Des modèles populaires comme la Peugeot E-208 et la Renault 5 E-Tech restent plus chers que leurs versions essence ou hybride.

Cette différence de tarif freine largement l’extension du marché électrique en France. Comme le rappelle l’Avere, « le frein reste essentiellement tarifaire pour les particuliers », malgré une « amorce de démocratisation » qui se fait sentir, en raison des obstacles à l’adoption.

Limites techniques et facteurs politiques

Les citadines du segment B souffrent aussi de quelques limitations techniques qui peuvent décourager les acheteurs. Leur polyvalence est restreinte par une capacité limitée de batterie et de charge, limitant souvent leur usage à la ville.

Parallèlement à ces limites techniques, les mesures d’incitation influencent fortement l’évolution du marché. Depuis le 1er juillet, le bonus a été remplacé par un « coup de pouce » financé par les CEE (Chèques d’économies d’énergies), offrant une aide pouvant atteindre 4 200 € pour les Français les plus modestes.

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