La dernière Fiat Tipo est sortie des chaînes de montage de l’usine de Bursa, en Turquie. Onze ans après son lancement, le modèle familial de la marque italienne, vendu sous le nom Egea sur le marché turc, ferme définitivement un cycle de production qui aura vu naître 1 417 047 véhicules, exportés vers plus de 40 pays, confirme le média argentin TN.
Un projet pensé en 2015, sans ambition de luxe
Le nom Tipo avait été ressorti en 2015 pour habiller un projet à l’ambition modeste sur le papier : une voiture familiale, spacieuse, sans excès technologique ni prétention haut de gamme. La dénomination n’était pas neutre : elle rappelait le Fiat Tipo des années 1990, l’un des modèles les plus populaires de la marque, très apprécié des inconditionnels de la maison.
La berline a ouvert le bal, avant que ne s’ajoutent les variantes hatchback cinq portes, break et Cross, à l’allure plus aventurière. Sur le marché turc, où il n’a jamais quitté le nom d’Egea, le modèle a été la voiture la plus vendue pendant dix des onze années de sa commercialisation.
Une position acquise à contre-courant : pendant que l’Europe basculait vers les SUV, l’électrification et des tarifs plus élevés, le Tipo a maintenu sa recette d’origine, beaucoup d’espace pour un prix contenu.
Tofaş, artisan turc du projet depuis 1968
La fabrication a été confiée à Tofaş, constructeur turc qui produit des véhicules sous licence Fiat depuis 1968. L’Egea n’était pas une simple ligne d’assemblage locale : c’est un projet global de Stellantis dans lequel l’ingénierie turque a pesé lourd.
Le PDG de Tofaş, Cengiz Eroldu, a salué le départ du modèle en ces termes : « Nous disons au revoir à la Fiat Egea, produite dans notre usine pendant 11 ans comme un projet global qui a porté la signature de Tofaş depuis sa conception et qui sort aujourd’hui de la ligne de production pour la dernière fois. »
Sur la répartition des carrosseries, la berline domine largement avec 565 097 unités (Egea Sedán/Tipo Sedan), suivie par le Cross avec 150 869 exemplaires. Les versions hatchback et break, combinées, totalisent 29 678 unités. Le reste de la production a alimenté des marchés d’exportation aux configurations variées.
Près de la moitié des voitures sorties de Bursa ont pris la route de l’étranger, selon le CEO de Tofaş, qui juge que le Tipo « a facilité la vie de millions de personnes » et qu’il « aura une place spéciale parmi les projets inoubliables de l’histoire de Tofaş ».
La toute dernière voiture assemblée à Bursa est un Egea Sedán Lounge, appelé Fiat Tipo Sedan dans sa version export, dans la finition haute Lounge. Elle embarque un moteur 1.6 turbodiesel MultiJet de 130 ch, associé à une boîte automatique à double embrayage (DCT), et arbore une teinte bleue baptisée Dinamik Mavi, ou Azul Dinámico à l’export.
Le Tipo n’a jamais percé sur le marché argentin. Cette génération y était arrivée en 2018, uniquement en carrosserie berline, positionnée par la marque en bas du segment moyen. Importé de Turquie, le véhicule payait 35 % de droits de douane, un handicap qui a pesé sur toute sa carrière commerciale locale.
Fiat a préféré concentrer sa stratégie argentine sur des modèles fabriqués dans la région, comme le Cronos et le Toro, mieux placés en termes de coûts et de disponibilité. La préférence marquée du public local pour les véhicules produits dans le Mercosur a fini par limiter toute perspective d’expansion, malgré le succès du modèle sur d’autres marchés.
La fin du Tipo illustre un mouvement plus large : les berlines compactes généralistes cèdent du terrain face aux SUV et crossovers, y compris là où elles conservaient encore une clientèle fidèle. Fiat garde par ailleurs d’autres modèles à fort volume sur différents marchés.





