Pourquoi les voitures thermiques l’emportent sur l’électrique en France ?

Malgré un marché électrique en pleine expansion, seulement 9 % des Français envisagent d’acheter une voiture électrique d’ici 2025.

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Pourquoi les voitures thermiques l'emportent sur l'électrique en France ?
Pourquoi les voitures thermiques l’emportent sur l’électrique en France ? | L'Automobiliste

L’avenir de la voiture électrique en France semble parsemé d’obstacles, malgré les efforts pour promouvoir une mobilité plus verte. Une étude récente, réalisée par Deloitte et relayée par Les Echos, dresse un état des lieux de ce que pensent les automobilistes français. Cette enquête, menée par l’Ifop pour La Centrale en collaboration avec Caradisiac, dévoile des chiffres qui font réfléchir.

Une adoption encore timide

Même si les voitures électriques occupent déjà 16 % du marché français, seulement 9 % des automobilistes envisagent d’en acheter une d’ici 2025. Le coût d’achat, perçu comme un frein par 43 % des personnes interrogées, semble être le principal souci, malgré le fait que l’usage quotidien coûte moins cher que celui des voitures thermiques.

Les inquiétudes autour de l’autonomie et du temps de recharge persistent – même si elles se sont un petit peu atténuées. Ainsi, 42 % des sondés restent sceptiques sur l’autonomie, tandis que 40 % redoutent que le temps nécessaire pour recharger leur véhicule soit trop long, ce qui montre bien que le scepticisme des consommateurs reste déterminant.

Des perspectives économiques et technologiques

Le prix des batteries constitue environ 40 % du coût total d’une voiture électrique. Même si, en général, ces batteries durent plus longtemps que le véhicule lui-même et qu’un remplacement reste rare, le prix d’achat reste un frein majeur. Pour tenter de lever cet obstacle, les fabricants se sont mobilisés pour proposer des modèles citadins autour des 20 000 euros – on pense par exemple à la Renault 5 E-Tech ou à la Citroën ë-C3.

Parallèlement, l’augmentation du nombre de bornes de recharge et les progrès techniques contribuent à rendre ces véhicules plus attractifs. Pourtant, force est de constater que les immatriculations ont chuté de 58 % en mai dernier, signe que la route reste semée d’embûches pour ce segment de marché.

Des consommateurs aux goûts évolutifs

L’étude révèle que certains usagers se montrent prêts à changer leurs habitudes pour passer à l’électrique : environ 13 % seraient tentés de franchir le pas immédiatement si les tarifs se rapprochaient de ceux des voitures thermiques. Par ailleurs, 24 % envisagent de faire le saut dans quelques années.

Fait intéressant, la loyauté envers une marque ne semble pas être un critère déterminant : près de 55 % des automobilistes accepteraient de changer de constructeur pour profiter d’offres plus avantageuses, notamment celles proposées par des marques asiatiques comme BYD ou Leapmotor.

Un avenir incertain mais plein de promesses

Les jeunes générations se montrent particulièrement favorables à l’électrique : environ 47 % des 18-24 ans et 53 % des 25-34 ans se disent disposés à passer au tout électrique. Néanmoins, le marché reste marqué par une divergence entre les aspirations « vertes » et la réalité du prix et des infrastructures, une situation qui freine l’essor complet de cette révolution automobile. Guillaume Crunelle explique d’ailleurs : « Les consommateurs sont en train d’accepter qu’une voiture électrique est légitime même si elle est produite par quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas jusqu’à maintenant ».

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