La cause principale désignée par les constructeurs et analystes ? La mise en place et le renforcement du malus au poids, combinés à des circonstances propres au contexte automobile français.
Un effondrement spectaculaire des ventes en 2025
Au début de l’année 2025, les immatriculations de voitures hybrides rechargeables (plug‑in hybrid ou PHEV) ont connu un recul drastique. Selon les données consolidées de l’Alternative Fuels Observatory, le marché électrifié français a vu ses ventes de PHEV diminuer de plus de 53 % en janvier 2025 comparé à la même période l’année précédente, avec seulement 4 974 immatriculations sur l’ensemble des véhicules électrifiés enregistrés ce mois‑là. Cette chute intervient alors même que les voitures électriques à batterie (BEV) ont légèrement augmenté.
Cette contraction s’est prolongée sur l’ensemble de l’année 2025, contribuant à l’instabilité du marché automobile français. D’après une analyse du marché neuve, le secteur a terminé l’année globale en baisse, malgré une progression des véhicules zéro émission qui a fini par dépasser les motorisations thermiques. Ce mouvement contraste avec certaines tendances observées dans le reste de l’Europe : les motorisations électrifiées y continuent de jouer un rôle important dans les immatriculations, même si le marché des véhicules électriques connaît des variations selon les pays et les segments. « Les immatriculations de voitures hybrides ont représenté 34,5 % du marché, demeurant le choix préféré des consommateurs dans l’Union européenne.« , apprend-on des récentes données publiées par l’ACEA (European Automobile Manufacturers’ Association).
Le malus au poids : une taxe punitive pour les hybrides lourds
Le malus au poids s’est imposé comme la principale explication avancée pour ce recul. Instituée progressivement, cette taxe touche désormais aussi les voitures hybrides rechargeables dont la masse dépasse un certain seuil. Jusqu’à fin 2024, ces modèles bénéficiaient d’un traitement fiscal plus favorable ou d’exonérations, surtout lorsqu’ils affichaient une autonomie électrique significative. Cela change radicalement depuis 2025.
Dès le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables ont été intégrés au barème du malus au poids : celui‑ci s’applique dès que le véhicule dépasse 1 800 kg, après prise en compte d’un abattement de 200 kg pour ce type de motorisation. Cette taxe augmente avec chaque kilo excédentaire, rendant certaines grosses voitures très coûteuses à l’achat : une voiture pesant 2 000 kg peut se voir infliger plusieurs milliers d’euros de taxe supplémentaire avant même de calculer le malus écologique lié aux émissions de CO₂. Ce renforcement du malus au poids a pénalisé particulièrement les SUV hybrides rechargeables, qui représentent une part importante des ventes de PHEV mais qui dépassent presque systématiquement les seuils de lourdeur. Le phénomène est d’autant plus frappant que ce segment est prisé par les acheteurs pour ses aspects pratiques et sa polyvalence.
Des constructeurs français particulièrement mal placés
Même si le malus au poids affecte surtout les modèles lourds, l’impact ne se limite pas aux seuls SUV importés. Plusieurs marques françaises apparaissent également en difficulté sur ce segment, pour des raisons qui ne se résument pas à la fiscalité.
La Peugeot 308 hybride rechargeable, par exemple, qui était l’un des modèles PHEV les plus vendus en 2024, a vu ses immatriculations fondre : de plus de 6 400 exemplaires vendus en 2024 à seulement 2 658 en 2025, soit une chute de plus de 60 %, en partie liée à l’arrivée tardive de sa nouvelle motorisation.
Un marché français plus difficile qu’ailleurs
Comparativement à certains pays européens, où les hybrides rechargeables conservent une part de marché plus stable, la France connaît un contexte spécifique de pression fiscale et de coûts d’acquisition élevés. L’introduction du malus au poids sur ces modèles, combinée à d’autres taxes (malus CO₂, absence de bonus pour certains PHEV), a modifié fortement le rapport coût/avantage pour les acheteurs.
Dans d’autres parties de l’Union européenne, les politiques fiscales restent parfois plus favorables, ou du moins moins pénalisantes pour les hybrides rechargeables, ce qui permet à ce segment de continuer à jouer un rôle significatif dans les ventes totales. Ces différences sont aussi liées à des stratégies nationales de soutien aux motorisations électrifiées et à des adaptations progressives des barèmes fiscaux.
Une part de marché toujours minime malgré tout
Malgré ces variations, il faut souligner que les voitures hybrides rechargeables restent une part très minoritaire du parc automobile français. Au 1er janvier 2025, elles représentaient environ 1,8 % du parc total de voitures particulières, selon les statistiques disponibles.
Cette faible part, associée au reflux des immatriculations en 2025, illustre la fragilité de cette motorisation dans un environnement où les politiques publiques favorisent de plus en plus les véhicules zéro émission et où les consommateurs sont sensibles au coût total de possession.



