La norme européenne Euro 7 s’applique à partir du 29 novembre 2026 pour les nouveaux types de voitures particulières et d’utilitaires légers vendus dans l’Union européenne, catégories M1 et N1, selon sudradio.fr et autojournal.fr. Elle est définie par la Commission européenne, précise 20 Minutes.
Un an plus tard, le 29 novembre 2027, tous les véhicules neufs de ces mêmes catégories devront être conformes à cette réglementation, selon Sud Radio.
Derrière ce calendrier serré se cache un changement de nature plus que de degré. Pour Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev, entreprise française spécialisée dans le leasing de véhicules électriques, Euro 7 n’est « pas simplement un « Euro 6 bis » ». Jusqu’ici, la réglementation portait surtout sur les émissions à l’échappement. Elle intègre désormais trois domaines inédits : les particules issues du freinage, l’abrasion des pneumatiques et la durabilité des batteries électriques.
Freins, pneus et batteries entrent dans le champ réglementaire
Pour s’y conformer, les constructeurs devront adapter leurs technologies, réaliser de nouveaux essais d’homologation et intégrer des équipements supplémentaires. Ces investissements pourraient se répercuter sur le prix final des véhicules, dans un contexte où les prix des carburants restent élevés et où de nombreux ménages hésitent déjà entre thermique, hybride et électrique au moment de changer de voiture.
Botbol estime que le renforcement des exigences techniques et des contrôles pourrait inciter les constructeurs à revoir la rentabilité de certaines motorisations thermiques. À terme, cela pourrait se traduire par « une offre plus resserrée sur certains modèles, des coûts de développement supplémentaires et, potentiellement, une hausse des prix à l’achat », selon lui.
Les véhicules électriques échappent à cette logique d’échappement, justement parce qu’ils n’en produisent pas. Le législateur européen a donc choisi de se concentrer sur un autre point sensible : la durabilité des batteries. Jusqu’ici considérée comme une donnée figée au moment de l’achat, la batterie devra désormais conserver un niveau de performance suffisant dans la durée, avec un suivi de son état de santé.
Seuils encadrent cette obligation. La capacité initiale devra rester au moins à 80 % après cinq ans ou 100 000 kilomètres, puis à au moins 72 % entre 100 000 et 160 000 kilomètres. « Pour les particuliers, c’est un changement important : la capacité de la batterie à conserver ses performances dans le temps devient un critère réglementé », souligne Botbol.
Ces dispositions pourraient rassurer les automobilistes qui hésitent encore à passer à l’électrique par crainte d’une dégradation rapide de la batterie, et faciliter l’évaluation des véhicules électriques d’occasion.
Les véhicules déjà en circulation ne seront pas concernés : aucune mise à niveau rétroactive n’est imposée par la nouvelle réglementation.
Pour les automobilistes qui envisagent de changer de voiture dans les prochains mois, Botbol conseille de ne pas s’arrêter au seul prix affiché en concession. Il recommande de comparer la disponibilité des modèles, leur consommation, leur coût d’entretien et leur valeur de revente, des critères appelés à peser davantage dans le choix d’un véhicule neuf à mesure que la nouvelle norme se déploie.





