Great Wall Motor (GWM) a confirmé, mardi 27 octobre, un accord industriel pour assembler son SUV compact Ora 5 en Bulgarie à partir du premier trimestre 2027. Le constructeur chinois prévoit une capacité de 50 000 véhicules par an sur un site exploité par son partenaire Bulgaria Automotive Industry. Cette décision précise sa stratégie de retour sur le marché européen, où ses ventes restent modestes.
Une production annoncée pour le premier trimestre 2027
L’accord concerne une usine située à Bahovitsa, près de Lovech, dans le nord de la Bulgarie. Selon les informations communiquées par GWM et rapportées par Reuters le 27 octobre, l’activité doit commencer par l’assemblage de la version entièrement électrique de l’Ora 5.
Le démarrage reposera sur des ensembles de pièces partiellement préassemblés, une méthode industrielle appelée SKD (« semi-knocked-down »). Le groupe prévoit de s’approvisionner localement pour une partie des composants dès le lancement, puis d’élargir éventuellement la production à d’autres motorisations et modèles. Aucun montant d’investissement n’a été rendu public.
Les 50 000 voitures annoncées correspondent à la capacité envisagée pour le site, et non à un volume de fabrication garanti dès 2027. La production doit encore démarrer et monter en cadence. Le groupe avait déjà participé à une activité d’assemblage automobile dans cette région au cours des années 2010 : l’accord marque donc le retour de cette implantation industrielle sous une nouvelle organisation.
Les droits de douane rendent l’assemblage européen stratégique
Pour les constructeurs chinois, produire dans l’Union européenne peut réduire la dépendance aux véhicules finis importés de Chine. L’Union applique depuis 2024 des droits compensateurs supplémentaires sur les voitures électriques à batterie d’origine chinoise. Pour les exportations de GWM concernées, le taux évoqué est de 20,7 %, auquel s’ajoute le droit de douane automobile ordinaire de 10 %.
Ces mesures, présentées dans la documentation de la Commission européenne, visent les véhicules électriques importés de Chine. Le traitement douanier d’une voiture assemblée en Europe dépend notamment de son origine au sens des règles applicables et de l’organisation effective de sa production. Le choix d’un assemblage à partir de kits importés rend cette distinction particulièrement importante.
L’enjeu commercial dépasse la seule fiscalité douanière. Une implantation européenne peut aussi rapprocher les opérations industrielles des réseaux de distribution, simplifier certaines étapes logistiques et accompagner le développement d’une gamme adaptée aux exigences locales. Ces bénéfices dépendront du degré de localisation réellement atteint.
Une offensive européenne après des ventes encore limitées
Great Wall Motor tente de reconstruire sa présence sur le continent après une première phase d’expansion difficile. D’après Reuters, ses ventes européennes ont reculé de près de 30 % en 2025, à environ 3 500 véhicules. Le constructeur vise désormais 60 000 ventes en Europe en 2027 et une part de marché comprise entre 3 % et 5 % en 2030. Il s’agit d’objectifs commerciaux, distincts de la capacité annoncée pour l’usine bulgare.
GWM prévoit également au moins dix modèles nouveaux ou dérivés sur les deux prochaines années. Son offre doit associer véhicules électriques, hybrides et modèles à moteur thermique, afin de couvrir des marchés européens dont les infrastructures de recharge et les préférences d’achat diffèrent.
Le groupe s’appuie notamment sur ses activités de recherche et de développement à Munich pour adapter ses voitures aux attentes européennes. Le projet bulgare doit donner une dimension industrielle à cette stratégie, au-delà de l’importation de modèles conçus et fabriqués en Chine.
Quelles conséquences pour les automobilistes européens ?
Pour les acheteurs, l’annonce ne fixe ni nouveau tarif ni calendrier de commercialisation spécifique en France. Le prix futur d’une Ora 5 assemblée en Bulgarie dépendra des coûts de production, de la chaîne d’approvisionnement, des règles douanières, des équipements et de la politique commerciale de la marque.
Le choix de GWM illustre toutefois une évolution du marché : la concurrence des constructeurs chinois ne passe plus seulement par les importations. Elle s’étend progressivement à l’assemblage et à l’investissement industriel dans l’Union européenne. Le lancement prévu en 2027 permettra de mesurer la portée concrète de l’accord annoncé le 27 octobre.
