Pour la première fois sur un trimestre complet, les marques automobiles chinoises ont vendu davantage de voitures neuves en Europe que les constructeurs japonais. Selon les données du cabinet Dataforce rapportées le 26 octobre par Bloomberg News, les marques chinoises ont représenté 12,7 % des immatriculations européennes de juillet à septembre 2026, contre 11,9 % pour leurs rivales japonaises, dont Toyota et Nissan.
Le mouvement s’est encore accentué en septembre : la part des marques chinoises a atteint 14,5 % sur le mois, un record selon la même étude. Il s’agit de parts de marché dans le périmètre européen suivi par Dataforce, et non d’un classement limité à la France ou aux seules voitures électriques.
Une percée qui repose aussi sur les voitures hybrides
Le développement de BYD, Chery et d’autres groupes chinois est souvent associé aux véhicules entièrement électriques. Pourtant, les motorisations hybrides contribuent fortement à cette progression. Les constructeurs multiplient les modèles combinant moteur thermique et propulsion électrique, répondant à une demande européenne qui ne se limite pas aux véhicules à batterie.
Cette évolution intervient dans un marché où les choix de motorisation changent rapidement. D’après les statistiques publiées le 22 octobre par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les voitures hybrides non rechargeables ont représenté 36,3 % des immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne entre janvier et septembre. Les modèles entièrement électriques atteignent 22,7 %, devant les voitures à essence, à 21,2 %.
Les chiffres ACEA et Dataforce n’ont pas exactement le même périmètre géographique ni les mêmes catégories. Ils éclairent néanmoins deux phénomènes concomitants : l’essor des motorisations électrifiées et l’arrivée à grande échelle de nouvelles marques sur le marché européen.
Le Japon perd sa deuxième longueur d’avance historique
Les marques japonaises disposent d’une implantation industrielle et commerciale ancienne en Europe. Toyota y vend des véhicules depuis les années 1960, tandis que Nissan produit notamment au Royaume-Uni. Leur dépassement trimestriel par les marques chinoises marque donc un changement de hiérarchie parmi les constructeurs non européens, et pas seulement une bonne performance ponctuelle d’un modèle.
Le basculement a été rapide : selon le compte rendu de Bloomberg repris par The Japan Times, les marques chinoises ne représentaient qu’environ 1 % des ventes européennes cinq ans auparavant. Les groupes européens, notamment Volkswagen et Renault, conservent toutefois une place prépondérante dans les immatriculations.
Les marques chinoises développent parallèlement leur présence commerciale et industrielle sur le continent. La montée en puissance de Chery et de BYD est particulièrement visible au Royaume-Uni, tandis que des projets de production en Europe visent à rapprocher les usines des clients et à limiter les contraintes liées aux importations.
Ce que cette concurrence change pour les acheteurs français
Pour un automobiliste français, ce nouvel équilibre signifie d’abord un choix plus large de modèles et de motorisations, notamment parmi les SUV hybrides et les véhicules électriques. La concurrence peut peser sur les équipements proposés et les politiques tarifaires, mais les parts de marché européennes ne suffisent pas à établir une baisse générale des prix en concession.
La comparaison entre modèles doit aussi porter sur des critères concrets : tarif de la version réellement disponible en France, consommation homologuée, garantie, réseau de réparation, coût d’assurance et délais de fourniture des pièces. Pour les voitures électriques, les aides éventuelles dépendent des règles françaises applicables au véhicule concerné, et non simplement de la nationalité du constructeur.
Les résultats du troisième trimestre confirment surtout que la compétition automobile européenne se joue désormais entre un nombre croissant d’acteurs. Les constructeurs japonais, comme les groupes français et allemands, doivent composer avec des concurrents chinois qui progressent sur plusieurs technologies à la fois.

