Mauvaise nouvelle pour les propriétaires de voitures électriques : après 5 ans, certaines perdent plus de 60 % de leur valeur à la revente

32 445 euros à l’achat, 11 477 euros à la revente. La Zoé signe la pire décote électrique du marché, loin devant Tesla ou Peugeot. Les raisons de cette chute vertigineuse méritent qu’on s’y attarde.

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Mauvaise nouvelle pour les propriétaires de voitures électriques : après 5 ans, certaines perdent plus de 60 % de leur valeur à la revente
Mauvaise nouvelle pour les propriétaires de voitures électriques : après 5 ans, certaines perdent plus de 60 % de leur valeur à la revente © L'Automobiliste

Achetée neuve en 2020 pour 32 445 euros, la Renault Zoé ne s’est revendue qu’à 11 477 euros en moyenne en 2025, cinq ans plus tard. Soit une décote de 65 %, la plus forte relevée parmi les voitures électriques vendues en France, selon une étude de Leboncoin portant sur dix modèles électriques très diffusés.

Une décote moyenne de 59 %, contre 44 % pour l’essence

Derrière la Zoé, le classement de Leboncoin place la Renault Twingo E-Tech, avec une décote de 62 % pour un prix moyen d’occasion de 9 392 euros, et la Peugeot e-2008, également à 62 % de décote pour 15 464 euros.

  1. Peugeot e-208 avec une décote de 60 %
  2. Kia e-Niro à 58 %
  3. Volkswagen ID.3 et Mini Cooper électrique à 57 % chacune
  4. Tesla Model 3 et Fiat 500e à 56 %

La Dacia Spring ferme la marche avec la décote la plus faible de la sélection, 53 %, pour un prix qui passe de 17 695 à 8 347 euros. Deux modèles seulement descendent sous la barre des 10 000 euros d’occasion : la Twingo et la Spring.

Au total, ces dix modèles représentaient plus de 70 % des ventes de voitures électriques neuves en 2020. Leur décote moyenne atteint 59 % sur cinq ans, contre 44 % pour un modèle essence ou diesel comparable, un écart dans le même sens que celui relevé par un rapport de l’Avere-France publié en 2025.

Deux explications reviennent : les avancées technologiques rapides sur les batteries et l’autonomie, et l’effet du bonus écologique, qui pouvait atteindre 7 000 euros en 2020 pour les véhicules de moins de 45 000 euros et réduisait donc l’investissement réel des premiers acheteurs.

« Les voitures électriques affichent souvent les plus fortes décotes sur leurs premières années, notamment parce qu’elles ont bénéficié d’un bonus à l’achat en neuf », explique Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez Leboncoin.

Tesla, victime de sa propre stratégie tarifaire

La Tesla Model 3, championne des ventes électriques neuves en 2020, se négocie désormais autour de 23 180 euros contre 52 136 euros à sa sortie. Sa décote de 56 % s’explique en partie par une décision du constructeur lui-même : début 2021, Tesla a fortement baissé ses tarifs pour proposer des versions plus abordables, ce qui a mécaniquement accentué la dépréciation des premiers exemplaires vendus. L’afflux d’offres de Model 3 sur le marché de l’occasion pèse encore sur ses prix.

Cette dévalorisation ne reflète pas nécessairement l’état réel des véhicules. Plusieurs études rassurent sur la longévité des batteries, dont la capacité ne se réduit en moyenne que de 1 à 2 % par an et reste quasiment au niveau de ses performances initiales en neuf, selon Olivier Flavier. Un argument que les acheteurs d’occasion ont tout intérêt à vérifier eux-mêmes avant de signer.

Les modèles électriques et hybrides chinois, comme ceux de MG ou BYD, affichent une décote encore plus marquée que les marques traditionnelles. Arrivées récemment sur le marché européen, ces enseignes mènent une guerre des prix sur le neuf tout en souffrant d’un déficit de notoriété en occasion.

Résultat : leurs temps de revente seraient parfois deux fois plus longs, selon des informations rapportées par Auto Plus et L’Automobile Magazine. L’arrivée massive de véhicules issus des loueurs et de fins de contrats de location accentue encore la pression sur leur valeur résiduelle.

Une analyse distincte, menée par carVertical, société spécialisée dans les données automobiles, aboutit à un classement légèrement différent mais tout aussi défavorable à l’électrique : sur cinq ans, les cinq plus fortes décotes concernent la Renault Zoé (62,8 %), la Nissan Leaf (62,2 %), la Volkswagen ID.3 (58,1 %), l’Audi e-tron (56,7 %) et la Tesla Model 3 (56,2 %).

Pour la Zoé, cette étude chiffre la perte financière réelle moyenne du propriétaire à 20 724 euros. Curieusement, l’Opel Insignia, dont la production a cessé en 2022, conserve mieux son pourcentage de valeur avec une décote de 53,6 %, mais génère une perte supérieure, 22 512 euros, en raison d’un prix de départ plus élevé.

Le marché de l’occasion électrique reste minoritaire mais progresse : près de 178 000 véhicules électriques ont changé de propriétaire en France en 2025, selon AAA Data, soit une hausse de 30 % sur un an, pour seulement 3 % de l’ensemble des transactions automobiles.

Une Peugeot e-2008 s’y trouve autour de 15 000 euros, une Tesla Model 3 aux abords des 20 000 euros. À condition, prévient Leboncoin, de bien vérifier l’état de santé de la batterie avant l’achat.

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