Tesla a annoncé la commercialisation prochaine de son camion électrique Semi sur le marché européen. L’annonce a été faite à l’occasion du salon IAA Transportation de Hanovre, en Allemagne, rendez-vous consacré à la logistique et au transport routier. Une journée presse est programmée le 14 septembre 2026.
C’est à cette occasion que la version européenne du Semi sera dévoilée, avec les adaptations nécessaires pour circuler sur les routes du continent, rapporte Le Parisien. Tesla n’a communiqué ni date précise de mise en vente ni tarif pour les clients européens. Plusieurs observateurs du secteur évoquent un lancement commercial à l’horizon 2027, sous réserve de l’homologation du véhicule et du déploiement des infrastructures nécessaires.
Le camion conservera sa silhouette aérodynamique, désormais autorisée par l’évolution des réglementations européennes. Il embarquera une suspension avant indépendante retravaillée, un éclairage aux normes ECE et une déclinaison avec cabine couchette pour les longs trajets transfrontaliers. La configuration définitive, dimensions, poids, autonomie et capacités de recharge, reste à préciser en fonction des contraintes locales, différentes de celles en vigueur aux États-Unis.
Neuf ans après son concept, une production qui monte en puissance
Le Semi avait été présenté sous forme de concept en novembre 2017, année où Elon Musk visait alors un prix d’appel de 150 000 dollars. Le véhicule a accumulé plusieurs années de retard avant ses premières livraisons, effectives fin 2022. Entre 200 et 300 unités ont depuis été livrées dans le cadre de flottes pilotes exploitées notamment par PepsiCo, DHL, Walmart et ArcBest, exclusivement en Amérique du Nord.
La montée en cadence industrielle débute en 2026 avec l’ouverture d’une usine dédiée au Nevada, qui vise à terme une capacité de 50 000 unités par an. Les tarifs de série s’affichent désormais autour de 290 000 dollars pour la déclinaison offrant environ 800 kilomètres d’autonomie, contre 180 000 dollars visés en 2017 pour cette même version longue portée.
Sur le plan technique, Tesla annonce un poids total autorisé pouvant atteindre 40 tonnes et une recharge permettant de récupérer 60 % des batteries en une trentaine de minutes, grâce à des chargeurs compatibles avec le standard MCS acceptant jusqu’à 1,2 mégawatt. Un temps de recharge à mettre en regard de la réglementation qui impose aux routiers une coupure de 45 minutes après conduite continue.
Le marché que Tesla s’apprête à affronter n’est plus vierge. Volvo Trucks, Mercedes-Benz Trucks avec son eActros 600, Scania, Renault Trucks, MAN et DAF commercialisent déjà des poids lourds électriques en Europe. Les camions zéro émission ont représenté 4,2 % des immatriculations de véhicules neufs sur le continent en 2025, contre 2,3 % en 2024, selon les bilans de l’ACEA et de l’ICCT. Le diesel conserve toutefois plus de 93 % de parts de marché sur ce segment.
Ce marché européen du poids lourd électrique devrait néanmoins dépasser les 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel d’ici 2035. Pour s’y imposer, Tesla devra convaincre au-delà de la fiche technique : service après-vente, fiabilité opérationnelle et capacité de recharge sur les grands axes logistiques seront scrutés.
Le principal obstacle identifié reste l’infrastructure : exploiter pleinement une recharge dépassant le mégawatt suppose des installations capables de délivrer une puissance considérable, dans les dépôts comme sur les routes.
Pour Dan Ives, analyste du cabinet Wedbush, l’enjeu commercial se jouera sur le terrain industriel. Le constructeur doit désormais « prouver qu’ils peuvent produire à grande échelle ».




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