Accidents avec les piétons : les voitures électriques plus dangereuses que les thermiques ?

Une étude de l’institut Vias révèle que 42% des accidents impliquant une voiture électrique concernent un piéton ou un cycliste, contre 27% pour l’ensemble des véhicules. Le silence des moteurs électriques à basse vitesse, mal compensé par les systèmes d’alerte acoustique (AVAS), met en danger les usagers vulnérables. Vias appelle à une harmonisation européenne urgente des normes sonores.

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Accidents avec les piétons : les voitures électriques plus dangereuses que les thermiques ? © L'Automobiliste

Utilisez-vous une voiture électrique silencieuse ou dotée d’un système d’alerte acoustique efficace ? Cela dépend de votre constructeur. Une étude de l’institut Vias menée en 2026 met en lumière des disparités significatives : à basse vitesse, les véhicules hybrides et électriques présentent des niveaux sonores variables, compliquant la détection précoce des piétons. Les statistiques sont claires : 42 % des accidents impliquant une voiture électrique concernent un piéton ou un cycliste, comparé à 27 % pour l’ensemble des véhicules. Le silence des moteurs électriques, mal compensé par les dispositifs d’alerte acoustique (AVAS), devient un enjeu majeur de sécurité routière.

Variabilité des systèmes AVAS chez les constructeurs

L’institut belge Vias a mené des tests sur circuit avec cinq véhicules : trois modèles thermiques et deux électriques. Les résultats montrent une homogénéité sonore notable chez les voitures à moteur thermique, toutes émettant environ 55 décibels à 10 km/h. En revanche, les modèles électriques équipés d’AVAS varient considérablement selon le constructeur. Certains systèmes sonores sont à peine perceptibles, tandis que d’autres sont plus audibles. Selon les conclusions de Vias, l’absence de standardisation européenne stricte permet une interprétation libre des normes minimales, créant une jungle réglementaire où chaque marque développe sa propre signature sonore.

Problèmes de détection à basse vitesse

Une expérience avec 70 participants, dont la moitié aveugles ou malvoyants, a révélé des failles inquiétantes : à 10 km/h, 38 % des voitures hybrides testées n’ont pas été détectées à temps. À 20 km/h, une voiture hybride sur cinq échappe encore à la perception auditive. Les personnes malvoyantes, qui dépendent de l’ouïe pour anticiper les dangers, sont particulièrement vulnérables. Khadija Tamditi, de la Ligue Braille, souligne : « Ne pas entendre une voiture est une entrave à la liberté de déplacement. » Les zones urbaines, avec leurs faibles vitesses et forte densité de piétons, concentrent les risques d’accident.

Disparités sonores entre thermiques et électriques

Les mesures acoustiques de Vias montrent que les véhicules thermiques produisent un bruit constant, autour de 55 décibels à 10 km/h. Les modèles électriques, eux, varient entre des niveaux parfois inférieurs à 50 décibels et d’autres dépassant les 60 décibels, selon le constructeur. L’absence d’harmonisation crée une cacophonie réglementaire, rendant difficile l’identification des véhicules par les piétons habitués à certaines marques. BX1 souligne que l’uniformité sonore est cruciale pour la sécurité des usagers vulnérables.

Fonctionnement et limites des systèmes d’alerte acoustique

Réglementation européenne et ses insuffisances

L’Union européenne impose aux constructeurs d’équiper les véhicules électriques et hybrides d’un AVAS, s’activant à moins de 20 km/h. Pourtant, les tests de Vias montrent qu’à 20 km/h, un véhicule hybride sur cinq reste indétectable. Le seuil d’activation est trop bas, et le niveau sonore minimal insuffisant. Jean-Luc Crucke, ministre belge de la Mobilité, admet : « La transition vers une mobilité propre doit aussi être sûre. » La norme actuelle ne précise ni la nature du son, ni sa directionnalité, ni son intelligibilité.

Diversité des systèmes AVAS chez les constructeurs

Chaque constructeur développe son propre système AVAS. Tesla propose un son modulable, Renault un bourdonnement rappelant un moteur électrique, et BMW une tonalité plus grave. Les différences incluent la puissance, la fréquence et la durée du son. Sans cahier des charges précis, un constructeur respectant le minimum légal produit un véhicule moins détectable qu’un concurrent choisissant un niveau sonore supérieur. Benoit Godart, porte-parole de Vias, appelle à des normes européennes plus strictes et uniformes. En attendant, les systèmes AVAS dépendent plus des choix des constructeurs que d’une réglementation cohérente.

Recommandations de Vias pour une harmonisation

Vers une standardisation sonore

Vias recommande d’augmenter le seuil sonore minimal à 55 décibels, comme pour les véhicules thermiques, et d’uniformiser le type de son émis par les AVAS. Un signal acoustique standardisé permettrait d’éduquer piétons et cyclistes. Il est aussi nécessaire de renforcer les contrôles de conformité, car trop de véhicules circulent avec des AVAS mal calibrés. Khadija Tamditi plaide pour une harmonisation des systèmes AVAS pour une transition écologique inclusive. La Belgique, où la part des voitures électriques et hybrides a explosé en cinq ans, pourrait inspirer une refonte des normes européennes.

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