Depuis leur lancement, les zones à faibles émissions, les ZFE cristallisent les tensions des automobilistes. Plusieurs députés viennent de s’emparer de ce sujet. Ils souhaitent mettre l’extension du dispositif sur pause.
Les ZFE bientôt sur pause ?
Depuis quelques années, les zones à faibles émissions, les ZFE fleurissent un peu partout en France. Concrètement, les voitures les plus polluantes sont interdites de circuler à l’intérieur, sous peine d’une amende. Sauf que dès leur mise en place en 2019, dans les villes de plus de 150 000 habitants, des voix se sont élevées pour dire stop à ce projet. Certains députés estiment que cette mesure exclut les foyers les plus modestes des centres-villes, au vu des prix des voitures hybrides ou électriques notamment.
Ainsi, face à ce constat et au ras-le-bol d’une partie des automobilistes, une cinquantaine de députés du bloc central et de la droite vient de signer une proposition de loi transpartisane. Son contenu est clair : une mise sur pause pure et simple du dispositif des ZFE pendant 5 ans. Une manière de faire redescendre la colère grandissante. Mais surtout, un temps pour « trouver des solutions acceptables par le plus grand nombre, d’ici à 2030 ». Les signataires vont plus loin. Ils estiment qu’en l’état, le dispositif des zones à faibles émissions est « socialement inacceptable. C’est un peu le retour de l’octroi pour entrer dans les villes ».
Au niveau local, la lutte s’organise
Les défenseurs des ZFE mettent en avant la nécessité d’améliorer la qualité de l’air, surtout dans les plus grandes villes du pays. Mais selon les députés, cette dernière se serait déjà largement améliorée depuis une vingtaine d’années, notamment avec les progrès de l’industrie automobile. Même en version essence ou diesel, les voitures récentes rejettent beaucoup moins de CO2 dans l’atmosphère que les véhicules thermiques des années 80 voire 90.
De toute façon, un besoin de légiférer semble aujourd’hui s’imposer dans le pays. Au niveau local, plusieurs collectivités refusent d’appliquer la ZFE. C’est par exemple le cas à Dijon. La mesure devait entrer en vigueur au 1er janvier 2025, finalement il n’en est rien. Reste à voir quand est-ce que le texte sera soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cela devrait prendre plusieurs mois.


