Suspension des ZFE : vers un répit de cinq ans pour les automobilistes ?

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Suspension des ZFE : vers un répit de cinq ans pour les automobilistes ? | L'Automobiliste

Alors que les Zones à Faibles Émissions (ZFE) divisent de plus en plus, un groupe de 35 députés a décidé de prendre position en proposant une suspension de cinq ans. Une mesure salutaire pour certains, un dangereux retour en arrière pour d’autres. Mais qu’en est-il réellement ?

Un moratoire de cinq ans pour les ZFE

Les Zones à Faibles Émissions sont au cœur des débats depuis leur mise en place progressive dans les grandes métropoles françaises. Instaurées pour lutter contre la pollution de l’air, elles interdisent l’accès aux véhicules les plus anciens dans certains périmètres urbains. Pourtant, face à la grogne croissante de la population et à l’amélioration continue de la qualité de l’air, 35 députés de droite et du centre proposent un moratoire de cinq ans sur leur application.

Si la loi impose depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 l’instauration des ZFE dans 42 agglomérations de plus de 150 000 habitants, la réalité est bien différente. Certaines villes, comme Perpignan, Amiens ou Béthune, refusent de les appliquer immédiatement ou tentent de gagner du temps. Dijon a même instauré une dérogation générale pour tous les véhicules pendant douze mois.
Face à ces hésitations, de nombreuses exceptions voient le jour : le Grand Paris autorise des pass journaliers pour circuler malgré les interdictions, tandis que Rennes et Reims accordent 52 jours de libre circulation par an aux véhicules classés Crit’Air 4 et plus. Ces multiples dérogations fragilisent l’ensemble du dispositif et révèlent ses limites.

Une qualité de l’air en amélioration constante, indépendamment des ZFE

Les partisans du moratoire avancent que la qualité de l’air s’améliore depuis des décennies, bien avant l’instauration des ZFE. Entre 2005 et 2021, les émissions de NOx ont diminué de 62 %, celles des particules fines PM10 de 42 %.
Les derniers véhicules, mieux équipés, et la transition progressive vers l’électrique contribuent naturellement à cette amélioration. Selon l’Ademe, la majorité des particules fines provient désormais du freinage et de l’usure des pneus, et non plus directement des gaz d’échappement. Dès lors, les restrictions imposées par les ZFE semblent moins pertinentes qu’il n’y paraît.

Interdire l’accès aux centres-villes aux véhicules anciens revient à pénaliser les ménages les plus modestes, qui n’ont pas les moyens de s’offrir un véhicule récent. « 
L’arrivée prochaine de la verbalisation automatique, prévue pour 2026, ne fera qu’aggraver la fracture sociale. Les premiers PV, fixés à 68 euros pour les voitures particulières et 135 euros pour les poids lourds, risquent d’exclure définitivement une partie de la population des centres urbains.

Si le projet de loi visant à suspendre les ZFE pendant cinq ans n’a pas encore de date d’examen à l’Assemblée nationale, il reflète un malaise grandissant autour de ce dispositif. La suppression de 11 ZFE en Allemagne montre que d’autres pays commencent à reconsidérer la pertinence de ces restrictions.
Les députés demandent une pause pour mieux analyser les effets réels des ZFE sur la pollution et sur la vie quotidienne des Français.

2 réflexions au sujet de “Suspension des ZFE : vers un répit de cinq ans pour les automobilistes ?”

  1. Pour permettre au gueux de rouler il aurait préférable de mettre une interdiction de vendre les véhicules en vignette 4 et 5 cela aurait permis aux gueux de faire cela sans violence non

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