Après PureTech, un nouveau moteur inquiète les experts

Des pannes inattendues et des réparations à plus de 9 000 € : les moteurs EcoBoost de Ford et PureTech de Stellantis plongent des milliers de propriétaires dans l’incertitude.

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Après PureTech, un nouveau moteur inquiète les experts
Après PureTech, un nouveau moteur inquiète les experts | L'Automobiliste

L’industrie automobile est sous les projecteurs à cause de nouveaux développements autour des moteurs EcoBoost de Ford et PureTech de Stellantis. Ces moteurs, loués pour leur rendement, font aujourd’hui parler d’eux à cause de défaillances mécaniques qui ont déclenché des réactions dans la presse et des procédures judiciaires. Des propriétaires rapportent des pannes similaires qui mettent en jeu la sécurité et entraînent des frais de réparation élevés, posant la question de la fiabilité des courroies de distribution dites « humides ».

Qui est concerné, quels moteurs et quels modèles

Le moteur 1.0 EcoBoost, produit par Ford, fait l’objet d’une enquête préliminaire de l’agence américaine des transports, la NHTSA, après 44 plaintes pour arrêts moteur inopinés, confirme Le Journal du Net. Les modèles cités sont notamment la Ford Fiesta (millésimes 2015–2017), la Ford Focus (2015–2018), la Ford Puma, la Ford B‑Max, la Ford C‑Max, la Ford EcoSport et la Ford Mondeo. À côté, le moteur PureTech de Stellantis est aussi pointé du doigt pour des problèmes de fiabilité similaires et équipe des marques comme Peugeot, Citroën et Opel.

Les moteurs concernés sont le 1,2 L PureTech (dont la courroie de distribution, immergée dans l’huile, se dégrade prématurément) et le 1,0 L EcoBoost, dont les premières versions utilisaient aussi une défaillance de la courroie. Cette configuration, censée réduire les frottements et prolonger la durée de vie des courroies, a finalement entraîné des défaillances liées à la dégradation du caoutchouc.

Ce que ça entraîne et où en est l’enquête

Les conséquences sont lourdes. Les propriétaires se plaignent de la fiabilité mais aussi des frais de réparation très élevés : entre 9 000 € et 10 936 € pour un remplacement complet du moteur. La NHTSA mène des évaluations préliminaires pour établir les responsabilités et voir quelles réparations ou mesures pourraient être demandées à Ford.

De son côté, Stellantis fait face à une action collective lancée en 2023 par des milliers de propriétaires. Ce « scandale », toujours en cours, a beaucoup fait parler dans les médias, avec une fréquence de pannes du moteur PureTech relevée sur des modèles comme la Peugeot 208, la Peugeot 3008 et la Citroën C3. Ford, pour sa part, a modifié sa conception en passant d’une distribution par courroie à une distribution par chaîne, tout en conservant une courroie immergée pour la pompe à huile. Stellantis propose une extension des garanties pour rassurer ses clients.

Les problèmes techniques et leurs conséquences pratiques

Les moteurs incriminés utilisent une courroie de distribution « humide » (immergée dans l’huile moteur) pour limiter l’usure et améliorer l’efficacité, une idée qui s’est révélée problématique. À la longue, la courroie se décompose et libère des débris qui peuvent boucher la pompe à huile, provoquant des pannes moteur graves. Les témoignages décrivent aussi des arrêts moteurs inopinés et une perte soudaine d’assistance au freinage.

Il n’existe pas de solution universelle à ce jour. Certains garagistes recommandent des contrôles réguliers de l’état de l’huile et de la courroie, ainsi qu’un suivi strict des intervalles de remplacement. La durée de vie de la courroie, annoncée initialement à 240 000 km, s’est avérée surestimée : des cas de casse moteur ont été signalés dès 44 000 km.

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