En mai 2026, le marché automobile français montre des signes de reprise modérée. Ce mois-ci, on constate un léger regain d’activité dans les concessions avec une hausse des immatriculations. Ce n’est pas encore la fête, mais le mouvement est là. La montée en puissance des constructeurs chinois en Europe, et particulièrement en France, vient remettre en question l’idée qu’ils ne pourraient pas s’imposer. Leur influence sur le marché est désormais visible et bien réelle.
Ce que révèle le marché en mai 2026
En mai 2026, 128 484 véhicules ont été immatriculés en France, soit une augmentation de 3,7 % par rapport au mois précédent. Sur les cinq premiers mois de l’année, le cumul des ventes affiche toutefois une légère baisse de -0,6 %, avec 668 379 unités écoulées. Par rapport à l’année de référence pré-Covid de 2019, le marché reste inférieur de 34 %.
Cette reprise timide est largement portée par le segment des véhicules électriques, qui représente environ 25 % des immatriculations et sauve un peu la mise dans un climat économique incertain. Le soutien de l’État aux véhicules électriques et les incitations gouvernementales ont aidé cette dynamique. Le client particulier, lui, hésite encore à franchir le pas, freiné par des raisons économiques et pratiques. Néanmoins, la hausse des prix des carburants pousse un nombre croissant de consommateurs vers des voitures 100 % électriques, soulignant l’importance de la transition énergétique.
Les constructeurs européens en difficulté
Les marques françaises prennent la claque : Groupe Renault et Stellantis enregistrent des baisses d’immatriculations de -7,6 % et -7,7 % en mai 2026. Renault a vendu 31 873 unités, tandis que Stellantis a immatriculé 31 787 véhicules.
Au sein de Stellantis, les performances sont contrastées : certaines marques s’en sortent mieux, comme Fiat (+ 71 %) et Jeep (+ 14,7 %), alors que d’autres peinent, avec Opel à -2,8 % et Hyundai à -18,7 %. Ces chiffres montrent bien les difficultés persistantes des constructeurs traditionnels sur un marché en transformation.
Les marques chinoises qui montent
Les marques chinoises continuent de grimper en France. MG a immatriculé 2 682 véhicules en mai, en hausse de 4,1 %, se classant à la 12e position au niveau national, rapporte Auto Plus. BYD, avec une hausse spectaculaire de 175,6 %, a immatriculé 2 585 véhicules, dépassant des marques européennes comme Opel et Hyundai. XPeng et Jaecoo affichent aussi de fortes croissances, avec des hausses respectives de 167,5 % et des ventes de 901 unités, principalement à des clients particuliers. D’autres marques comme Leapmotor, Geely et Zeekr progressent elles aussi, même si leurs volumes restent plus modestes.
Ces constructeurs pratiquent souvent des politiques tarifaires agressives et misent sur une innovations technologiques, bien illustrée par BYD. XPeng vise le segment premium avec des modèles très connectés, tandis que MG exploite aussi le marché de l’occasion. La transition vers le tout-électrique offre à ces acteurs une fenêtre d’opportunité pour s’installer durablement en Europe.
Ce que change la présence asiatique
Face à l’offensive des marques chinoises, l’écart avec les constructeurs historiques se réduit. BYD, MG, Leapmotor et XPeng, jusque-là peu connus du grand public français, gagnent en notoriété et en parts de marché, atteignant 2,6 % au premier trimestre de 2026, soit une hausse de 0,7 point par rapport à 2025. Une grande partie de ce succès repose sur la forte demande des flottes professionnelles, qui soutiennent largement le marché des véhicules électriques en France.


