Décidément, les débuts de la filiale électrique de Renault sont compliqués. Ampere peine à convaincre les autres marques du groupe. Mitsubishi annonce ne pas vouloir s’impliquer dans le projet.
Le projet Ampere : c’est non pour Mitsubishi
C’est un secret de polichinelle désormais officiel : Mitsubishi Motors annonce son retrait pur et simple de tout investissement au capital d’Ampere, la filiale dédiée à l’électrique et aux logiciels de Renault. Une confirmation laconique mais lourde de sens : « Mitsubishi Motors a décidé de ne pas poursuivre son investissement dans Ampere. Le groupe continue de s’engager à explorer les axes potentiels de collaboration, parmi lesquels les véhicules (…) fournis par Renault et Ampere », explique l’entreprise japonaise.
Ce retrait fait écho à celui de Nissan, annoncé en mars 2025. La marque nippone avait annulé un engagement de 600 millions d’euros dans la même entité. Mitsubishi, de son côté, renonce à injecter les 200 millions d’euros initialement prévus. Total : 800 millions d’euros d’argent frais qui s’envolent. Et Renault dans tout ça ? Le constructeur français semble seul à bord, ou presque.
Ampere : des ambitions à contre-courant du marché ?
En façade, Renault garde le cap. Du moins officiellement. Une porte-parole d’Ampere tente de rassurer : la filiale « génère suffisamment de cash pour appuyer son développement sans avoir recours au financement de la part d’actionnaires minoritaires ». C’est oublier un peu vite que ces financements devaient non seulement structurer la croissance d’Ampere, mais surtout légitimer son entrée en Bourse, prévue initialement en 2024 puis reportée. Le départ coordonné de Nissan et Mitsubishi laisse donc Renault seul actionnaire d’une filiale censée incarner le fer de lance de sa révolution électrique.
Pilotée depuis avril par Josep Maria Recasens, Ampere vise toujours une marge opérationnelle à l’équilibre dès 2025 et une rentabilité de 10 % en 2030. Ambitieux. Trop, diront certains analystes, au vu du climat financier et des turbulences industrielles actuelles.
Ce double retrait nippon n’est pas sans conséquences sur la cohésion d’une alliance déjà vacillante. Nissan restructure brutalement : suppression de 15 % de ses effectifs mondiaux, fermeture de sept usines, perte nette de 4,1 milliards d’euros sur l’exercice 2024-2025. Mitsubishi, de son côté, poursuit une stratégie prudente, préférant miser sur ses coopérations existantes avec Renault plutôt que d’embarquer dans l’aventure Ampere.


