Robots humanoïdes : pourquoi les usines automobiles misent déjà sur eux

Les robots humanoïdes ne relèvent plus de la science-fiction. Après plusieurs mois d’expérimentations, BMW, Renault, Xiaomi et d’autres constructeurs accélèrent leur déploiement dans les usines automobiles. Destinés à prendre en charge les tâches les plus pénibles, ces nouveaux assistants industriels promettent d’améliorer les conditions de travail tout en relançant le débat sur l’emploi et les compétences de demain.

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Robots humanoïdes : pourquoi les usines automobiles misent déjà sur eux
Robots humanoïdes : pourquoi les usines automobiles misent déjà sur eux © L'Automobiliste

Les robots humanoïdes passent du laboratoire aux chaînes de production

Plusieurs grands constructeurs européens et asiatiques expérimentent désormais des robots humanoïdes directement sur leurs lignes de production. Longtemps réservés aux démonstrations technologiques, ces équipements commencent à intervenir dans des opérations bien réelles, notamment la manutention de pièces, le transport de composants et certaines tâches répétitives particulièrement éprouvantes pour les opérateurs.

Jusqu’à présent, les industriels privilégiaient des robots spécialisés, installés derrière des cages de sécurité et dédiés à une seule opération. Désormais, les robots humanoïdes sont conçus pour évoluer dans les mêmes espaces que les salariés. Leur morphologie proche de celle d’un être humain leur permet d’utiliser les outils, les postes de travail et les équipements déjà présents dans les usines, sans nécessiter une refonte complète des lignes de fabrication. Cette compatibilité constitue un avantage économique majeur alors que le secteur automobile poursuit simultanément sa transition vers l’électrique et la numérisation de ses sites industriels.

Les robots humanoïdes visent d’abord les tâches les plus pénibles pour préserver l’emploi

BMW figure parmi les constructeurs les plus avancés dans ce domaine. Son robot humanoïde, baptisé AEON, est actuellement testé dans l’usine de Leipzig. Haut d’environ 1,65 mètre, pesant près de 60 kilogrammes et équipé de 22 moteurs, il peut déplacer des charges, transporter des composants ou réaliser différentes opérations logistiques répétitives. Selon BMW, ces essais doivent permettre de soulager les salariés des missions les plus exigeantes physiquement tout en améliorant la régularité des opérations.

Le constructeur allemand insiste cependant sur un point essentiel. « AEON est conçu pour assister les personnes, et non les remplacer », précise BMW dans son communiqué officiel consacré au déploiement de ces robots humanoïdes. Le groupe a d’ailleurs créé un centre de compétence dédié à l’intelligence artificielle physique afin d’accélérer leur intégration progressive dans ses sites de production.

Renault suit une trajectoire similaire

Le constructeur français développe actuellement Calvin, un robot humanoïde conçu avec la société française Wandercraft. Contrairement aux robots industriels traditionnels, Calvin est capable de marcher, de transporter des charges et d’intervenir dans des ateliers déjà existants. L’objectif consiste, là encore, à limiter la pénibilité de certaines opérations tout en réduisant les risques de troubles musculo-squelettiques pour les opérateurs. Cette approche permet également d’améliorer l’attractivité de métiers confrontés à des difficultés croissantes de recrutement, notamment dans les activités de manutention industrielle.

Cette évolution ne concerne plus seulement quelques expérimentations isolées. Selon TF1 Info, les responsables industriels estiment que le mouvement pourrait rapidement prendre de l’ampleur. Arnaud Robert, directeur général de Renault Software Factory, résume cette dynamique en affirmant : « D’ici cinq ans, il y en aura des milliers. » Cette déclaration traduit les ambitions affichées par les constructeurs, même si le rythme réel du déploiement dépendra encore des performances des machines, de leur coût et de leur acceptation dans les usines.

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