Le phénomène des « freinages fantômes » laisse perplexes et inquiète de nombreux automobilistes en France. Des véhicules qui freinent soudainement sans raison visible ont poussé le ministère des Transports à ouvrir une enquête approfondie. Avec les nombreux témoignages qui tombent, la sécurité sur nos routes reste au cœur des discussions.
Une enquête pour démêler le mystère
Le vendredi 15 août, le gouvernement a dévoilé le lancement d’une investigation pour comprendre l’origine de ces freinages inattendus. Les signalements de véhicules freinant tous seuls se multiplient, soulevant un vrai souci de sécurité routière. L’enquête va se pencher sur plusieurs pistes : d’éventuelles erreurs humaines, un entretien défaillant comme une calibration ratée, et des dysfonctionnements dans les capteurs.
L’un des cas marquants est celui de Joanna Peyrache, lanceuse d’alerte, qui a vécu une situation similaire en avril dernier sur l’autoroute A40. Sa Peugeot 208 a freiné brutalement entre 110 et 130 km/h, ce qui a provoqué une collision avec un véhicule qui la suivait. Même si l’accident n’a pas entraîné de blessures graves, Joanna a eu des entorses cervicales et des hématomes. Malgré sa demande, la justice a refusé de faire expertiser son véhicule. Depuis, elle a sollicité les automobilistes et recueilli plus de 500 signalements similaires en six semaines.
Témoignages alarmants et réactions des officiels
Les signalements concernent des marques comme Peugeot, Citroën et Skoda, et un rappel massif a été annoncé pour ces véhicules. Les accidents varient en gravité, certains ayant même conduit à des décès, ce qui souligne les problèmes de sécurité sur nos routes. Joanna Peyrache a rassemblé ces témoignages via les réseaux sociaux, montrant ainsi l’ampleur du problème.
Le Service de Surveillance du Marché des Véhicules et des Moteurs (SSMVM) est lui aussi sur le coup. En collaboration avec le ministère des Transports, il prévoit d’interroger les constructeurs automobiles et de réaliser des évaluations techniques. Le SSMVM a une belle expérience avec les campagne de rappel, comme celle des airbags Takata.
Les automobilistes pointent souvent du doigt les systèmes d’aide à la conduite, surtout ceux liés au freinage automatique d’urgence. Une pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale le 6 août réclame une enquête approfondie ainsi qu’une réforme de ces régulations automobiles.
Avis partagés parmi les spécialistes
Christophe Theuil, vice-président de la Fédération française de l’expertise automobile, adopte un ton mesuré. Il estime qu’il n’y a « pas d’inquiétude a priori » au sujet de ces technologies, même s’il reconnaît que leurs « limites technologiques » apparaissent dans des conditions difficiles, comme sous la pluie ou en cas de brouillard. Il compare cela à « rouler avec des verres de correction mal ajustés ». Il rappelle aussi l’importance de bien régler les capteurs et radars intégrés dans les pare-brises.
Theuil précise que même si ces technologies sont obligatoires sur tous les véhicules neufs en Europe depuis 2022, elles ont permis d’éviter bien plus d’accidents qu’elles n’en ont provoqués.
Les galères rencontrées par Joanna Peyrache
Joanna Peyrache continue de lutter pour obtenir une expertise complète de son véhicule, mais se heurte à plusieurs obstacles. Elle déplore notamment le manque d’équipements adaptés dans les concessions pour analyser ces problèmes techniques pointus.
Malgré ces difficultés, elle reste déterminée à obtenir de la transparence et des actions concrètes de la part des constructeurs automobiles et du ministère. Stellantis, qui possède plusieurs des marques concernées, s’est déclaré prêt à apporter son aide pour résoudre ce souci.





