Depuis quelques années, un type de radars « d’un nouveau genre » a été installé le long des routes en France, notamment à Paris, Lyon, Strasbourg, Grenoble, et dans le Nord. Ces dispositifs sont présentés comme visant à fluidifier le trafic en encourageant le covoiturage. Sauf que de nombreuses verbalisations erronées inquiètent pas mal de conducteurs, y compris ceux qui respectent pourtant les règles.
Un souci technologique qui inquiète
Les radars IA concernés, de couleur blanche ou grise, ont pour mission de contrôler l’utilisation des voies de covoiturage, réservées à certaines heures. Ces voies sont destinées aux véhicules transportant au moins deux personnes et avaient pour objectif de réduire les embouteillages et la pollution. Pourtant, plusieurs automobilistes ont reçu des amendes forfaitaires très élevées de 135 € alors qu’aucune infraction n’aurait été commise, ce qui rappelle les cas de radars défectueux. Ces erreurs viennent principalement de limites techniques de l’intelligence artificielle chargée de compter les passagers, explique Le Journal du Net. Selon l’association 40 millions d’automobilistes, dont le délégué général Pierre Chasseray exprime des réserves sur cette technologie, le système a du mal à détecter les enfants, notamment les bébés en siège auto.
Les radars utilisent deux modèles de systèmes de détection. Le premier recourt à des caméras thermiques, tandis que le second s’appuie sur la photographie infrarouge pour soumettre les images à une intelligence artificielle. Celle-ci doit identifier les silhouettes et les positions de chaque occupant. Pierre Chasseray met aussi en cause une chaîne de vérification humaine défaillante, estimant que « le bénéfice du doute n’est pas accordé ». Selon lui, ces systèmes de vidéoverbalisation assistés par ordinateur ressemblent à « un travail à la chaîne où l’on ne fait pas vraiment attention ».
Témoignages et soucis pour les usagers
Des institutions comme le Centre d’études sur la mobilité (Cerema) ont recensé l’implantation de 49 voies réservées en métropole, avec des radars couvrant des distances allant de quelques centaines de mètres jusqu’à 28 km. Le cas concret de Souhaila, directrice commerciale, illustre bien les limites de ces dispositifs. Habitant à Maisons-Alfort, elle a été verbalisée à tort à deux reprises alors qu’elle transportait sa fille en bas âge. L’enfant, correctement installée dans un siège auto, n’a apparemment pas été reconnue par le système. La Ville de Paris confirme pourtant qu’un bébé est bien considéré comme un passager légal.
Les autorités disent être conscientes que des erreurs peuvent survenir et que celles-ci restent limitées. Cela n’empêche pas des incidents comme celui de Souhaila sur le périphérique de Paris, où des parents se retrouvent verbalisés sans raison, provoquant inquiétude et mécontentement.




