Un motard sur trois avoue rouler au-dessus des limites : « Je n’ai pas de limites, je roule comme un fou »

Malgré une majorité de motards conscients des dangers, 33 % d’entre eux franchissent régulièrement les limites de vitesse.

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Un motard sur trois avoue rouler au-dessus des limites : « Je n'ai pas de limites, je roule comme un fou »
Un motard sur trois avoue rouler au-dessus des limites : « Je n’ai pas de limites, je roule comme un fou » © L'Automobiliste

Explorer les routes à vive allure, c’est un vrai plaisir pour beaucoup de motards, mais aussi une source d’ambivalence et de risques, comme le montre le « Baromètre annuel sur les conducteurs de deux-roues » réalisé par BPCE L’Observatoire. Cette étude, révélée ce mardi par RMC, met en lumière une grosse contradiction dans le comportement des conducteurs de deux-roues : même s’ils connaissent les dangers, nombreux sont ceux qui succombent à l’appel de la vitesse.

Ils savent qu’ils prennent des risques

D’après l’étude, une large majorité, 79 %, des motards se considère plus exposée aux accidents que les automobilistes. Les raisons sont nombreuses : en ville, voitures, trottinettes et vélos représentent autant de dangers potentiels. Jean-Marc Belotti, coordinateur pour Paris de la Fédération française des motards en colère, souligne la prudence des motards qui « savent qu’ils n’ont pas de carrosserie autour d’eux ».

Les chiffres confirment cette vigilance : 80 % des sondés se disent plus prudents qu’auparavant. Pourtant, cette prudence n’empêche pas complètement l’attrait pour la vitesse : 33 % des conducteurs de deux-roues admettent régulièrement dépasser les limites de vitesse autorisées. C’est particulièrement marqué chez les 18-24 ans, où le chiffre grimpe à 44 %. Les jeunes conducteurs illustrent bien cette ambivalence.

L’envie d’aller vite

Les jeunes motards illustrent bien cette ambivalence. Par exemple, Benjamin dit sans détour à Sud Ouest : « Je n’ai pas de limites, je roule comme un fou ». La recherche de sensations explique parfois ce comportement, avec l’adrénaline comme moteur. 15 % des motards sondés reconnaissent chercher cette sensation en conduite rapide.

L’étude note aussi une perception partagée mais contradictoire des sanctions : 54 % des conducteurs jugent le durcissement des amendes pour limitation de vitesse excessif, tandis que 71 % estiment ces mesures nécessaires pour renforcer la sécurité sur la route. Cela montre une vraie ambivalence dans le regard des motards sur l’encadrement législatif.

Des règles qui se durcissent

Face à ces comportements à risque, la législation se resserre progressivement. Des mesures comme le durcissement des peines pour vitesse excessive se multiplient, et les avis restent partagés parmi les motards. Corinne, motarde expérimentée, rappelle qu’ »Il faut se faire plaisir un petit peu aussi », mettant en avant l’idée de liberté liée à la pratique de la moto.

D’autres voix proposent des alternatives. Mehdi Dahhan, moniteur d’auto-école, plaide pour des solutions comme des activités encadrées sur circuit afin de permettre aux motards de satisfaire leur besoin de vitesse dans un cadre sécurisé.

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