Avec des dizaines de départements placés en vigilance rouge canicule fin juin, le réflexe est presque toujours le même : monter la climatisation à fond dès qu’on met le contact. Mauvaise idée, selon les garagistes et les médecins, qui pointent trois conséquences possibles, une panne moteur, un choc thermique et une surconsommation de carburant pouvant atteindre 4 litres aux 100 km.
Face à des températures extérieures dépassant les 30 °C, l’erreur la plus répandue consiste à régler la climatisation au minimum pour refroidir l’habitacle le plus vite possible. Problème : un écart trop important entre l’intérieur et l’extérieur du véhicule n’est bon ni pour la mécanique, ni pour la santé.
Un écart de température à respecter
L’Ademe recommande un écart compris entre cinq et sept degrés entre l’intérieur du véhicule et l’extérieur, une règle que l’ADAC et les médecins resserrent encore, à cinq ou six degrés maximum. Concrètement : à 25 °C le matin, la climatisation se règle sur 20 °C ; à 35 °C, sur 28 °C.
Exception notable au-delà de 40 °C, où il devient possible de fixer la climatisation à 28 °C sans dépasser cette valeur, pour éviter de chauffer davantage l’habitacle.
Une voiture garée en plein soleil pendant deux heures peut dépasser 50 °C à l’intérieur. Lancer la climatisation au maximum sur un habitacle aussi chaud n’a rien d’efficace, et c’est là que les ennuis mécaniques commencent. Le compresseur de climatisation est entraîné par la courroie d’accessoire, celle qui fait aussi tourner l’alternateur et, sur beaucoup de modèles, la pompe à eau.
Dorian Blot, responsable d’atelier au garage Pictave à Biard, dans la Vienne, a vu défiler quatre ruptures de cette courroie en trois jours pendant l’épisode de fin juin. « Le compresseur de la climatisation tire fort et très rapidement sur la courroie d’accessoire. Si elle a une faiblesse, elle casse », résume-t-il dans Itransports. Une panne qui peut immobiliser la voiture jusqu’à trois semaines, en plein été.
Sa recommandation : « Quand vous récupérez votre voiture à 50 degrés, mettre la clim’ à fond directement, c’est quelque chose à éviter. » L’ADAC conseille plutôt d’ouvrir portes et fenêtres pendant une trentaine de secondes avant de démarrer, pour évacuer l’air surchauffé, puis d’activer le mode recyclage quelques minutes seulement. Maintenu trop longtemps, ce mode coupe les entrées d’air extérieur et fait grimper le taux de CO₂ dans l’habitacle.
Le corps supporte mal les écarts brutaux
Passer de 39 °C dehors à 20 °C dans la voiture en quelques secondes n’est pas neutre pour l’organisme. « Si vous passez de 39 °C à 20 °C, c’est insupportable pour le corps. Vous allez souffrir de ce choc thermique qui peut vous fragiliser », prévient Maryse Zaleski, médecin généraliste chez MEDADOM. Ces variations sont d’autant plus éprouvantes qu’elles se répètent plusieurs fois par jour, entre la voiture, les commerces climatisés et la rue.
L’air trop froid assèche aussi les muqueuses du nez, des sinus, de la gorge et des yeux, ce qui fragilise à la longue les défenses immunitaires. Nez qui coule, gorge qui pique : ces symptômes bénins apparaissent surtout quand l’air froid est respiré longtemps. Un filtre à habitacle encrassé, jamais changé, aggrave la situation en diffusant poussières et moisissures à chaque trajet.
Un geste simple limite les dégâts, sur la santé comme sur le porte-monnaie : baisser les fenêtres avant plutôt que de lancer la climatisation dès le démarrage suffit souvent à faire retomber la température de quelques degrés. La climatisation alourdit la consommation des voitures thermiques et rogne l’autonomie des modèles électriques.



