Le Sénat a voté, mardi 13 octobre 2026, l’obligation d’installer un autoradio compatible FM ou DAB+ dans tous les véhicules neufs commercialisés en France. D’après Economie Matin, cette proposition de loi, adoptée en première lecture, a été portée par le sénateur centriste Laurent Lafon.
Le texte, d’abord limité aux véhicules de transport de personnes, a été étendu en cours d’examen aux utilitaires et aux poids lourds. Il doit désormais être transmis à l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture.
Deux ans pour les constructeurs, un an de plus pour tout le parc neuf
Les industriels disposeront d’un délai de deux ans après la promulgation de la loi pour rendre leurs récepteurs compatibles DAB+. Un an supplémentaire sera ensuite accordé pour généraliser l’obligation à l’ensemble des appareils vendus.
Lafon justifie cette mesure par la persistance de ventes de postes incapables de capter la radio numérique. « Des postes d’entrée de gamme incompatibles continuent en effet d’être vendus, retardant le renouvellement du parc », a-t-il fait valoir. Son objectif, dit-il, est de « permettre à la radio de poursuivre sa modernisation et de desserrer les contraintes qui la fragilisent ».
La ministre de la Culture Catherine Pégard a soutenu l’initiative, affirmant vouloir « renforcer un média de référence pour tous les Français ».
Cette obligation répond à un appel lancé fin septembre 2026 par les radios publiques, privées et associatives, inquiètes de l’absence de récepteur hertzien dans certains véhicules importés. Selon Médiamétrie, 38 millions de Français écoutent la radio chaque jour, mais l’audience du secteur a chuté de 18 % entre 2015 et 2025. Un tiers de cette écoute se fait en voiture.
Des modèles d’entrée de gamme à revoir
La mesure touche en priorité les modèles bas de gamme, jusqu’ici équipés au minimum pour rester compétitifs. Les marques qui misaient sur des écrans tactiles connectés sans récepteur traditionnel, notamment certains constructeurs américains et chinois, devront revoir entièrement leur architecture électronique.
Les équipementiers spécialisés dans l’audio pourraient profiter de cette obligation. Les marques chinoises, en pleine expansion sur le marché européen, devront quant à elles adapter leurs modèles au cadre français. Les surcoûts liés à l’intégration des récepteurs seront répercutés sur les prix finaux, avec un écart qui pourrait légèrement se creuser entre véhicules électriques et thermiques, les premiers étant déjà soumis à des contraintes de coûts importantes.
Un autre volet du texte, jugé moins consensuel, assouplit les mentions légales obligatoires dans les publicités radiophoniques. Des formules comme « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » ou « Mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » pourraient disparaître de certains spots, à condition que les stations diffusent en contrepartie des campagnes d’intérêt général équivalentes sur les mêmes thématiques.
Le texte part maintenant pour l’Assemblée nationale pour la suite de la procédure législative.



