Radios : Tesla et BYD suppriment la FM, les stations réclament une loi

Tesla, BYD et d’autres constructeurs américains et chinois suppriment progressivement les récepteurs FM et DAB+ de leurs véhicules neufs, privilégiant les plateformes de streaming. Face à cette évolution, Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales ont lancé un appel commun le 21 septembre 2026 pour imposer par la loi l’installation obligatoire de récepteurs hertziens, un enjeu crucial puisque 37 % de l’audience radio provient de l’écoute en voiture.

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Radios : Tesla et BYD suppriment la FM, les stations réclament une loi
Radios : Tesla et BYD suppriment la FM, les stations réclament une loi © L'Automobiliste

Les constructeurs comme Tesla, BYD et Nio proposent désormais des véhicules dépourvus de récepteurs FM et DAB+, privilégiant les systèmes multimédias connectés aux plateformes de streaming. Face à cette tendance, Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales ont lancé un appel commun le 21 septembre 2026 pour rendre obligatoire par la loi l’installation de récepteurs hertziens dans tous les véhicules neufs. Cet enjeu va au-delà de la simple écoute musicale, puisque 37 % de l’audience radio globale provient des voitures, selon Médiamétrie fin 2025.

La radio hertzienne face au tout-connecté

Le modèle des constructeurs américains et chinois

Des marques comme Tesla ont transformé l’architecture des systèmes embarqués dès 2022 en supprimant les tuners FM de certains modèles européens au profit d’écrans tactiles intégrant Spotify et TuneIn. BYD, Nio et Polestar suivent cette trajectoire en intégrant leurs propres écosystèmes numériques. Pour ces constructeurs, le véhicule devient une plateforme logicielle générant des revenus récurrents, semblable à un smartphone. L’abandon du tuner hertzien, qui réduit les coûts de production d’environ 15 euros par véhicule, oriente les conducteurs vers des abonnements payants. Constance Benqué, présidente de l’Alliance de la Radio, critique cette approche en soulignant que l’accès à la radio ne doit pas dépendre de contrats entre constructeurs et plateformes de streaming, mais être garanti par la loi.

Radio en option payante : un nouveau modèle économique

Certains constructeurs proposent le récepteur hertzien en option payante, transformant cet équipement standard en accessoire premium, facturé entre 50 et 150 euros. Ce modèle s’apparente à la généralisation des systèmes Android Auto. Les constructeurs justifient ce choix par l’obsolescence supposée de la FM, mais les données montrent que l’écoute en voiture représente un tiers de l’audience radio. Le secteur radiophonique réclame le maintien de l’hertzien pour garantir un accès gratuit sans dépendance aux données mobiles.

Impact sur les achats et satisfaction des automobilistes

L’absence de radio hertzienne influence les décisions d’achat. Les forums et enquêtes montrent une incompréhension face à la disparition de ce service. Les conducteurs de 45 ans et plus, représentant 60 % des acheteurs de véhicules neufs en France, préfèrent la radio traditionnelle pour l’information locale et en temps réel. La dépendance au réseau mobile est problématique dans les zones blanches couvrant 8 % du territoire. Sibyle Veil, présidente de Radio France, évoque un enjeu de sécurité civile, rappelant la coupure électrique en Espagne en avril 2025 où les relais mobiles ont cessé de fonctionner après 20 minutes.

Réglementation française et européenne en préparation

Proposition de loi Lafon : obligation d’équipement FM/DAB+ au Sénat

Laurent Lafon, sénateur de l’Union centriste, a déposé une proposition de loi pour imposer l’installation de récepteurs FM et DAB+ dans tous les véhicules neufs vendus en France. Le texte sera examiné au Sénat le 13 octobre 2026. Radio France et l’Alliance de la Radio ont également adressé une lettre au ministre de l’Économie demandant une intervention rapide. Le modèle norvégien, qui impose l’équipement DAB+ depuis 2020, sert de référence pour garantir la transition numérique sans exclure la diffusion hertzienne. Les arguments de souveraineté informationnelle sont mis en avant face aux géants du streaming.

Vers une harmonisation réglementaire avec le Digital Networks Act

Le Digital Networks Act (DNA), en discussion à Bruxelles, déterminera les règles pour tous les États membres. Sibyle Veil a défendu la notion de « résilience informationnelle » au Parlement européen, positionnant la radio hertzienne comme infrastructure critique. Le secteur radio collabore avec l’Arcom et le ministère de la Culture pour défendre des positions communes. Les incendies en Gironde en 2026 ont illustré la vulnérabilité des infrastructures numériques, renforçant l’idée que le DNA pourrait exiger l’équipement hertzien comme norme, à l’instar des systèmes eCall en vigueur depuis 2018.

Conséquences pour les constructeurs

Si la législation française et européenne est adoptée, Tesla devra réintégrer des tuners FM/DAB+ dans ses véhicules pour le marché européen, modifiant une stratégie amorcée il y a quatre ans. BYD, visant 200 000 ventes en Europe en 2027, devra adapter ses modèles Seal et Dolphin dès la conception. D’autres constructeurs chinois comme Nio, Xpeng et MG seront également concernés, ainsi que Polestar. Les marques européennes comme Volkswagen, Renault et Stellantis continuent d’équiper leurs véhicules de tuners hertziens, mais surveillent le cadre réglementaire avant d’ajuster leurs offres. Le coût d’intégration reste faible comparé au prix moyen d’un véhicule neuf, mais symbolise le conflit entre souveraineté culturelle et modèles économiques numériques. La législation à venir déterminera le futur de la radio hertzienne dans les voitures.

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