Un SMS au volant peut désormais vous coûter votre permis

La suspension du permis de conduire pour usage du téléphone au volant devient effective sur l’ensemble du territoire français à partir du 4 octobre 2026.

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Téléphone au volant : dans les Landes, vos points de permis pourraient disparaître d’un coup
Un SMS au volant peut désormais vous coûter votre permis © L'Automobiliste

Dès le 4 octobre 2026, les conducteurs utilisant leur téléphone au volant risqueront une suspension administrative de leur permis. Cette instruction, signée le 29 septembre par les ministres Laurent Nuñez et Marie-Pierre Vedrenne, étend une mesure déjà testée dans une vingtaine de départements, comme les Landes et le Pas-de-Calais, à tout le pays.

La généralisation de cette mesure est motivée par le contexte de mortalité routière élevée : 3 515 décès en 2025 et 2 266 déjà recensés en 2026. Avec près de 80 % des Français admettant utiliser leur smartphone en conduisant, le gouvernement espère provoquer un choc psychologique pour une prise de conscience collective, au-delà de la simple répression.

Une procédure préfectorale encadrée par le Code de la route

La suspension administrative, fondée sur l’article L. 224-7 du Code de la route, permet aux préfets de retirer le permis pour 15 jours à 6 mois. Contrairement aux idées reçues, la sanction n’est pas immédiate ; elle est notifiée après une procédure contradictoire où le conducteur peut s’exprimer.

Marie-Pierre Vedrenne a précisé au Figaro que la durée de la suspension dépendra des circonstances et du profil du conducteur, atteignant en moyenne 15 jours, mais pouvant aller jusqu’à 6 mois. La ministre insiste sur une sanction proportionnée visant à changer les comportements.

Cette suspension s’ajoute à l’amende de 135 euros et au retrait de trois points prévus par l’article R. 412-6-1 du Code de la route. L’objectif est de traiter le téléphone au volant comme une infraction grave, à l’égal d’autres infractions majeures.

Les Landes, terrain d’expérimentation concluant

Dans les Landes, l’expérimentation a suspendu 300 permis en trois mois, entraînant une baisse de 12 % de l’utilisation du téléphone au volant. Ce succès a encouragé la généralisation de la mesure.

Marie-Pierre Vedrenne soutient que cette harmonisation nationale garantit l’équité territoriale, évitant les disparités de répression. Elle cible tous les conducteurs, pas seulement les récidivistes, pour assurer une application uniforme et dissuasive.

Un risque d’accident multiplié par trois, jusqu’à 23 en cas de lecture de SMS

Les données de la sécurité routière montrent que l’utilisation du téléphone au volant triple le risque d’accident, et la lecture de SMS le multiplie par 23. À 50 km/h, un véhicule parcourt 70 mètres en cinq secondes, augmentant les dangers potentiels.

En 2025, 695 360 infractions pour usage du téléphone ont été relevées, soit une hausse de 6,7 % par rapport à 2024. Marie-Pierre Vedrenne rappelle que manipuler un téléphone peut avoir des conséquences mortelles, soulignant l’importance de cette mesure.

Tous les gestes sur écran sont visés

La réglementation interdit toutes manipulations d’appareils électroniques portables, y compris l’usage d’oreillettes, sauf si le système Bluetooth est intégré au véhicule. Pour éviter une suspension de permis, le conducteur doit être stationné sur une place régulière avec moteur coupé.

Selon 20 Minutes, la simple manipulation du téléphone suffit désormais à justifier une suspension, sans autre infraction associée, mettant le téléphone au volant au même niveau que d’autres infractions graves.

Des réactions contrastées dans le monde automobile

La mesure est soutenue par les associations de victimes de la route, mais critiquée par Pierre Chasseray de l’association 40 Millions d’automobilistes, qui dénonce une répression systématique. Les professionnels de la route craignent des conséquences économiques en cas de suspension de permis.

En France, malgré des campagnes de prévention régulières, les infractions pour usage du téléphone augmentent. Les constructeurs développent des technologies pour minimiser les distractions, mais celles-ci restent souvent inaccessibles pour de nombreux automobilistes. La suspension du permis pourrait marquer un tournant dans la prise de conscience collective, en imposant une réorganisation quotidienne pour les contrevenants.

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