Des ingénieurs japonais ouvrent une BYD… et n’en reviennent pas de ce qu’ils découvrent à l’intérieur

Les voitures électriques chinoises, comme celles de BYD, révolutionnent le marché avec des prix défiant toute logique.

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Des ingénieurs japonais ouvrent une BYD… et n’en reviennent pas de ce qu’ils découvrent à l’intérieur
Des ingénieurs japonais ouvrent une BYD… et n’en reviennent pas de ce qu’ils découvrent à l’intérieur © L'Automobiliste

Des ingénieurs japonais se sont mis en quête de comprendre pourquoi les voitures électriques chinoises, et surtout celles de BYD, affichent des tarifs si attractifs. En démontant un BYD Atto 3, ils ont voulu lever le voile sur cette marque qui bouscule la concurrence mondiale grâce à des prix défiant toute logique. Ce projet s’inscrit dans les efforts des industriels nippons pour rattraper leur retard sur le marché des véhicules électriques.

La recette de fabrication de BYD

Une des découvertes les plus marquantes de cette étude montre que BYD produit presque tous les composants de ses véhicules en interne. À peine les vitres et les pneus sont importés, tout le reste passe par leurs ateliers. Cette maîtrise totale permet à BYD de mettre assez mal en poche les frais de production. Prenons le modèle Atto 3, lancé au Japon en janvier 2023 et vendu en France à partir de 34 990 €. En Chine, il a fait ses débuts en février 2022 pour 140 000 yuans (soit environ 18 000 €).

En mars 2023, l’entreprise avait déjà écoulé 300 000 exemplaires de l’Atto 3, témoignant de son succès commercial sur le marché. Par ailleurs, l’innovation technologique a son mot à dire dans la compétitivité de BYD. La marque a ainsi mis au point le système e-Axle qui regroupe en une seule pièce compact le moteur, l’onduleur et la boîte de vitesses.

La place de BYD sur le marché et ses innovations

Quand on parle de batteries pour véhicules électriques, BYD se hisse en deuxième position avec 16,4 % de parts de marché, juste derrière CATL qui détient 37,1 %. Dans un véhicule BYD, la batterie représente environ un tiers du coût total, ce qui montre bien combien l’autonomie de production dans ce domaine est un atout pour la firme.

Comparons cela à Tesla, qui n’assemble que 46 % des pièces de sa Model 3 fabriquée en Chine, alors que BYD atteint un taux impressionnant de 75 % de production interne. Pour l’Atto 3, les moteurs BYD comptent jusqu’à huit composants, et ce chiffre grimpe à « 12-en-1 » pour les modèles les plus récents.

Vers l’Europe et la logistique

Pour accompagner son expansion internationale, BYD dispose même de sa propre flotte maritime, avec en figure de proue le navire BYD Explorer n°1, capable de transporter des milliers de voitures vers l’Europe. Parallèlement, une nouvelle usine est en cours de construction en Hongrie afin de réduire encore plus les coûts de production et de renforcer sa présence sur le continent.

Cette logique d’expansion contraste avec celle de vieux routiers comme Toyota, qui peinent à faire leur place sur le segment des véhicules électriques, malgré une stratégie de Toyota en évolution. Des initiatives comme le « giga-casting », prévues d’ici 2026 et déjà adoptées par Toyota, Hyundai et Volvo, montrent que ces anciennes pointures se réveillent pour se moderniser.

Quid de la qualité ?

Cependant, cette volonté de baisser les coûts fait douter certains observateurs japonais sur la qualité des produits, ce qui alimente le mécontentement des clients. Un intervenant anonyme a d’ailleurs lancé, selon L’Automobile Propre : « Les fabricants chinois misent avant tout sur la réduction des coûts et ne se préoccupent pas autant de la qualité que les marques japonaises. » Ces réserves sont d’autant plus appuyées par un responsable de Nissin Precision Machines, étonné par le nombre réduit de pièces dans les véhicules BYD et Tesla.

Dans un climat économique où les prix de certaines matières premières, comme le lithium, baissent tandis que ceux des voitures électriques grimpent en Europe, les constructeurs traditionnels n’ont pas le choix : ils doivent revoir leurs stratégies. Liz Door, directrice chez Ford, le résume bien : « Nous avons tous investi pas mal dans l’avenir des véhicules électriques et il va falloir s’y retrouver ensemble. »

Cette analyse minutieuse effectuée par des ingénieurs japonais met en lumière non seulement l’ingéniosité des technologies chinoises mais aussi les défis auxquels se heurtent les marques bien établies face à une concurrence résolument dynamique. Pour garder leur place sur le marché, elles devront continuer d’innover tout en maintenant une qualité qui a longtemps fait leur réputation.

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