Face aux surtaxes douanières européennes, les marques chinoises accélèrent leur implantation industrielle en Europe. Elles cherchent à éviter ces taxes tout en profitant des aides publiques liées à l’éco-score en France, comme la Prime CEE (prime liée aux certificats d’économies d’énergie). Ce déplacement industriel répond aussi aux exigences de l’Ademe, qui valorise davantage les productions locales intégrées que l’assemblage de kits importés.
Ce que préparent les marques chinoises en Europe
La marque MG, propriété du groupe chinois SAIC, a annoncé qu’elle implantera sa première usine de production européenne en Galice, en Espagne, rapporte BFMTV. L’annonce, faite le lundi 1er juin, s’accompagne d’un investissement de 200 millions d’euros. L’usine vise à assembler jusqu’à 120 000 véhicules par an d’ici 2028. Les modèles prévus sont la MG4, la MG4 Urban récemment lancée, et le futur SUV urbain ZS EV. Cette implantation vise aussi à obtenir la Prime CEE en garantissant une production locale avec un éco-score optimisé.
Le constructeur BYD a choisi la Hongrie pour son usine à Szeged. Des voitures de pré-séries y sont déjà produites, et la production en grande série est attendue « d’ici à la fin de l’année ». Les modèles concernés sont la citadine Dolphin Surf et le SUV compact Atto 2. En adoptant une production entièrement intégrée, BYD veut atteindre le seuil environnemental requis en France pour que les consommateurs puissent bénéficier d’une prime « coup de pouce » de plus de 3 000 € par véhicule. Par exemple, le prix de départ de la Dolphin Surf passerait de 19 990 € à moins de 17 000 € après application de cette prime.
L’alliance entre le groupe Chery et l’entreprise espagnole EV Motors a créé une coentreprise pour relancer la marque locale Ebro. Située à Barcelone sur l’ancien site de Nissan, l’usine assemble déjà des modèles hybrides sous la marque Ebro. Chery vise une production de 150 000 véhicules par an d’ici 2029, intégrant des SUV des marques propres de Chery, à savoir Omoda et Jaecoo. Des modèles 100 % électriques sont prévus pour un lancement fin d’année ou début 2027.
Comment ils s’organisent et avec qui
Sur le plan industriel, la collaboration entre Leapmotor et Stellantis permettra d’utiliser les lignes de montage de Stellantis à Saragosse dès 2026, malgré les défis économiques actuels. Parallèlement, Stellantis a annoncé en mai que l’usine de Rennes-La-Janais, en France, produira un véhicule premium de la marque Voyah, issu de son partenariat avec Dongfeng. Ce choix confirme la volonté de renforcer l’implantation industrielle tout en respectant les exigences écologiques françaises.
La collaboration entre Leapmotor et Stellantis permettra d’utiliser les lignes de montage de Stellantis à Saragosse dès 2026 et à Madrid à l’horizon 2028, soulignant l’importance de la production locale en Espagne.
Enfin, le partenariat entre Xpeng et Magna à Graz, en Autriche, prévoit l’assemblage des SUV Xpeng G6 et G9. Cependant, Magna précise que l’obtention du bonus écologique français reste incertaine si l’assemblage repose sur des sous-ensembles fortement carbonés importés de Chine. Cette incertitude réglementaire souligne l’importance d’une chaîne de production à faible empreinte carbone pour bénéficier des aides publiques.




