Ce Tesla Cybertruck n’a pas le droit de rouler en France : un automobiliste l’a pourtant filmé en pleine circulation, les gendarmes réagissent

Un Cybertruck non homologué filé en douce entre Perpignan et Canet-en-Roussillon : coup de pub ou entorse à la loi ? La vérité sur cette plaque provisoire risque de vous surprendre.

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Ce Tesla Cybertruck n'a pas le droit de rouler en France : un automobiliste l'a pourtant filmé en pleine circulation, les gendarmes réagissent
Ce Tesla Cybertruck n’a pas le droit de rouler en France : un automobiliste l’a pourtant filmé en pleine circulation, les gendarmes réagissent © L'Automobiliste

Le mardi 12 août 2025, un Tesla Cybertruck a été filmé roulant sur la voie rapide reliant Perpignan à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales. Ce pick-up électrique américain n’est pourtant pas homologué pour circuler en France. Les images ont été diffusées sur Facebook par le concessionnaire automobile VO-Elec, basé à Perpignan.

La vidéo a rapidement circulé et suscité une avalanche de commentaires. Les internautes s’interrogeaient sur l’origine du véhicule, l’identité de son propriétaire et surtout sur la légalité de sa présence sur une route française. Sa silhouette anguleuse et son gabarit imposant n’étaient pas passés inaperçus auprès des automobilistes croisés sur le trajet.

Une campagne publicitaire, pas une mise en vente

Contacté par Midi Libre, un employé de VO-Elec a coupé court aux spéculations sur une possible commercialisation locale. « La voiture n’est pas en stock chez nous, elle appartient à Tesla et fait partie d’une campagne de publicité », a-t-il expliqué lors d’un entretien téléphonique. Le concessionnaire Tesla de Perpignan est bien identifié comme propriétaire du véhicule, une information confirmée aussi bien par VO-Elec que par l’hôtel où le Cybertruck a fait halte.

Les 11 et 12 août 2025, le pick-up a en effet été exposé sur le parvis du Best Western de Canet-Plage, sans être destiné à la vente. Une réceptionniste de l’établissement a résumé l’effet produit : l’exposition « a attiré la foule ».

Reste la question qui taraudait les commentateurs sur les réseaux sociaux : comment un véhicule non homologué peut-il légalement rouler sur une route française ? La réponse tient à un détail administratif. L’exemplaire aperçu le 12 août est un véhicule de garage appartenant à Tesla France, équipé d’une plaque provisoire qui l’autorise à circuler dans ce cadre précis.

Il ne s’agit donc pas d’une circulation clandestine, mais d’une utilisation encadrée par des démarches spécifiques, distinctes d’une homologation classique pour la vente au grand public.

Le Cybertruck se heurte en effet à plusieurs obstacles réglementaires pour espérer une commercialisation en bonne et due forme dans l’Union européenne. Le véhicule dépasse les 3,5 tonnes autorisées, une limite de poids déjà pointée par le média Nice-Matin au cours de l’année 2025. Sa carrosserie ultra-rigide en acier inoxydable pose également problème au regard des normes européennes, qui portent notamment sur la sécurité des piétons, la conception des pare-chocs et la visibilité des rétroviseurs.

Un blog spécialisé relève que le design brut et anguleux du véhicule complique encore la mise en conformité. Tesla travaillerait activement sur des adaptations destinées au marché européen, mais le constructeur n’a annoncé aucune date de commercialisation. Le processus se révèle plus complexe que prévu, sans que la fiche ne précise davantage les difficultés rencontrées.

Un Cybertruck importé des États-Unis doit, sans modification préalable, faire l’objet de démarches administratives poussées avant de pouvoir rouler légalement en France. Des dispositifs dérogatoires existent malgré tout, comme la réception à titre isolé, une procédure d’homologation réservée à un exemplaire unique. C’est ce type de mécanisme qui permettrait à certains propriétaires ou constructeurs de faire circuler ponctuellement ce modèle sur le territoire, en dehors de toute vente commerciale.

En Europe, là où il est proposé, le Cybertruck se négocie entre 100 000 et 175 000 euros. Conçu à l’origine pour les grands espaces nord-américains, il n’a pas été pensé pour les ruelles de villages ou les parkings urbains français, ce qui alimente les interrogations sur son comportement en cas de choc avec des véhicules plus conventionnels.

Sur les routes des Pyrénées-Orientales, cet été 2025, il n’aura fait qu’un passage, encadré par une plaque provisoire et une opération de communication.

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