Le secteur automobile traverse une période bien agitée avec des tendances qui se heurtent et des difficultés notables. En France, on observe une baisse de 12,3 % en mai, et depuis le début de l’année, les ventes ont reculé de 8 %. Cette situation fait que le marché reste tendu, touchant aussi bien les ventes aux particuliers que celles aux flottes d’entreprises. Par ailleurs, l’élan vers l’électrification, qui avait l’air de bien démarrer, ralentit désormais en Europe.
La galère de la transition électrique
Les voitures 100 % électriques n’arrivent pas à convaincre le grand public, même si elles détiennent actuellement 16 % du marché, en raison des obstacles à l’adoption. En mai, ce segment a plongé de 19 %, avec une chute vertigineuse des immatriculations chez les particuliers qui s’élève à 58 %. Résultat : les électriques ne représentent plus que 14 % des achats individuels. Toutefois, chez les flottes, l’intérêt semble renaître avec une hausse de 15 % des commandes, atteignant 19 % des immatriculations totales.
Parmi les modèles qui accrochent, on retrouve la nouvelle Renault 5 et le Scenic électrique. À l’inverse, Tesla a vu ses chute des immatriculations de Tesla dégringoler de 67 %. Les incertitudes liées aux aides gouvernementales freinent nettement le développement des électriques.
Le boom des hybrides
Si les électriques peinent à décoller, les hybrides se démènent et gagnent du terrain. En fait, sur les cinq premiers mois de 2025, la part des voitures hybrides non rechargeables a atteint un record, avec plus d’une voiture neuve sur trois vendue en Europe. Les motorisations hybrides cumulent désormais 51 % du marché global, avec une progression de 9 %.
- Les hybrides classiques affichent désormais une part de 22 %,
- tandis que les hybrides légers progressent également à 22 %.
- Même si les hybrides rechargeables se stabilisent un peu, ils accusent quand même une baisse notable de 20 %.
Dans le lot des modèles recherchés, on trouve la Volkswagen Golf eHybrid, la Renault Austral et la Peugeot 3008.
Ce qui fait bouger le marché et les perspectives à venir
Le succès des hybrides s’explique par plusieurs raisons, notamment leur impact environnemental des hybrides, qui séduit de plus en plus de clients attentifs à l’environnement.
Marie-Laure Nivot, qui s’occupe de l’analyse du marché automobile chez AAA Data, s’interroge sur l’influence d’un vote récent à l’échelle européenne qui assouplit les objectifs de réduction des émissions de CO2 : « S’agit-il de l’effet du récent vote européen […] ? Ou bien est-ce le signe d’un attentisme grandissant […] ? ». Elle met aussi en avant l’attente autour du dispositif de leasing social prévu pour septembre 2025 en France, qui pourrait permettre à un public plus large de s’offrir une voiture électrique à moindre coût et ainsi relancer la dynamique de l’électrification.
Les constructeurs et les motorisations classiques
Du côté des constructeurs, certains affichent de belles performances. Citroën, par exemple, séduit avec ses nouvelles ë-C3 et ë-C3 Aircross, et on retrouve aussi Audi, Skoda, Mini, Kia, BYD, Ford, Mercedes, Xpeng et Dacia parmi ceux qui progressent. À l’inverse, Tesla a vu ses ventes dégringoler de 67 %, illustrant bien les défis pour Tesla dans le marché actuel.
Pour ce qui est des motorisations non électrifiées, elles représentent toujours 34 % des immatriculations totales. L’essence reste la préférée avec près d’un quart des ventes, alors que le diesel touche une part globalement modeste de 6 % et n’atteint que 3 % sur le canal des particuliers.






